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VALENTINIEN III





Nom. Placidius Valentianus.

Naissance. Le 2 ou le 3 juillet 419, à Ravenne.

Famille. Valentinien III appartient à la famille théodosienne par sa mère.

Père. L'empereur Constance III.

Mère. L'impératrice Galla Placidia.

Portrait. Si Valentinien III présente le physique d'un adulte robuste, il ne reste cependant qu'un mineur durant toute sa vie. Enfant, il règne sous la régence de sa mère, adulte, il règne sous la tutelle d'Aetius. Il n'est donc pas étonnant qu'avec lui, toute la cour déteste cet homme fort du régime.
Bigot, brutal, féru de magie et d'astrologie, il fuit encore les camps militaires comme la peste.

Mariage. En octobre 437, à Constantinople, Valentinien III épouse Licinia Eudoxia, la fille de Théodose II.

Cursus : Lorsque Honorius meurt le 15 août 423, Théodose II, l'empereur d'Orient, émet la prétention de régner aussi sur l'Occident. Mais la pression qu'exercent les partisans de Valentinien III, le légitime héritier, en exil à Constantinople, le pousse finalement à accorder son soutien à son cousin.
Le 23 octobre 424, Théodose II le nomme César et le prend comme collègue pour le consulat de l'année 425. Puis il réunit une armée qu'il expédie en Italie, une partie par mer, une autre par la route des Balkans. En mai 425, l'usurpateur Jean est éliminé. Trois jours après l'exécution de Jean, Aetius, un fonctionnaire de la cour de Ravenne, qui était allé chercher, au nom de cet usurpateur, du renfort chez les Huns, arrive en Italie avec soixante mille hommes. Son maître ayant perdu la tête et la partie, il comprend que son intérêt est de traiter avec Galla Placidia. Il paie les Huns et les renvoie chez eux.
L'impératrice comprend que son intérêt à elle est d'avoir ce personnage dans son camp. Elle l'élève donc à la dignité de comte.

Dies imperii : 23 octobre 425.
Le 9 juillet 425, Valentinien III annule tous les actes du gouvernement de Jean. Ce droit n'appartient qu'à l'empereur. Il se peut donc que Théodose II l'ait reconnu empereur dès l'élimination de Jean.

Règne. Le 23 octobre 425, à Rome, Valentinien III, qui n'a que six (ou sept) ans, est proclamé Auguste. Fait nouveau, et qui montre que l'empire d'Occident, en raison de sa faiblesse, est tombé sous la dépendance de l'empire d'Orient, Valentinien III reçoit les attributs impériaux du maître des offices de la cour de Constantinople, le patrice Hélion. Théodose II avait projeté de venir en personne introniser son cousin, mais la maladie l'arrête à Thessalonique.
Désormais, la tradition est créée. Nul souverain d'Occident ne sera considéré comme légitime que s'il a reçu l'aval de Constantinople.
Galla Placidia, bien entendu, assume la régence. Elle confie le commandement suprême de l'armée à un inconnu, un certain Félix et elle charge Aetius de défendre la Gaule.
Celui-ci maintient dans l'obéissance les Wisigoths qui ont des velléités de révolte. Peu après 428, il rejette au-delà du Rhin, une horde de Francs, des Ripuaires semble-t-il. Mais en 434, il prend, par la force, le commandement suprême après la mort de Félix et de ses successeurs, Boniface et Sébastien, que lui avait préférés Galla Placidia. Désormais, et durant vingt ans, il sera le véritable chef de l'empire d'Occident.
Mais cet empire se décompose de plus en plus.
Les Vandales, maîtres de la majeure partie de l'Espagne, passent, en 429, la Méditerranée et mettent à feu et à sang l'Afrique romaine sous la conduite de leur chef Genséric. Il ne reste à Rome que Carthage et Cirta (Constantine). De Juin 430 à juillet 431, ils assiègent Hippône. C'est durant ce siège que meurt, le 28 août 430, saint Augustin. De l'Afrique ils se mettent à menacer la Sicile et le Sud de l'Italie. Le 11 février 435, Valentinien III écarte ce nouveau danger en passant avec Genséric une convention. Il lui abandonne les trois Maurétanies et une partie de la Numidie.
En Gaule, la situation n'est guère meilleure. Les Barbares font régner la loi du plus fort. Avec de maigres troupes dont la faiblesse est compensée par un sens diplomatique extraordinaire, Aetius intervient dans toutes les directions, contre les Burgondes, qu'il bat et installe, en 443, autour du lac Léman, contre les Wisigoths qui lorgnent du côté de l'Espagne, contre les Alains, établis sur la Loire et dont la barbarie s'accomode mal des lois de l'hospitalité, contre les Francs qui rompent le "foedus", contre les Alamans qui pointent sur la rive gauche du Rhin, contre les Bretons qui, fuyant les Scots et les Saxons, s'installent sans ménagement dans le Nord-Ouest de la Gaule, contre les Armoriques qui se soulèvent, contre la "bagaude" qui fait rage un peu partout, et enfin contre Attila, qui, en 450, envahit la Gaule pour écraser les Wisigoths, la dernière force capable de lui offrir une résistance valable, afin de s'emparer de l'empire romain d'Occident tout entier.
Vaincu, au début de l'été 451, en Champagne, au Campus Mauriacus, par une coalition de Romains, de Burgondes, de Wisigoths, d'Alains, de Francs, de Saxons, de Sarmates et d'Armoricains, Attila quitte la Gaule, mais pour mieux fondre sur l'Italie, au début 452. Il se rend rapidement maître de tout le Nord de la péninsule. Mais si aucune armée romaine n'est capable de lui résister, la disette et la maladie éprouvent à ce point son armée qu'il est obligé d'entrer en pourparlers avec Valentinien III. Celui-ci lui envoie les trois personnages les plus importants de l'Italie : le consulaire Avienus, le préfet du prétoire Trigetius et le pape Léon. Au début de juillet, une trêve est conclue. Attila s'engage à quitter l'Italie, les Romains s'engagent, eux, à lui verser un tribut annuel. En 453, Attila, le "fléau de Dieu" meurt, lors de son retour dans son camp qu'il a dressé en Hongrie, entre la Theiss et le Körös, l'Occident pousse un profond soupir de soulagement.
Le 27 novembre 450, Galla Placidia meurt, après vingt-cinq ans de régence. Valentinien III est désormais seul. Il n'a pas de fils pour lui succéder. Il n'a que des filles dont l'aînée porte le nom d'Eudocia. Aetius lui propose d'unir par le mariage Eudocia, âgée de 12 ans, à son fils Gaudence. Craignant de voir Aetius s'emparer du pouvoir grâce à ce mariage, Valentinien III l'invite, le 21 septembre 454, à le rejoindre à Rome dans son palais. Dès que les deux hommes sont en présence, Valentinien III laisse éclater tout le ressentiment qu'il éprouve envers son général, l'accusant d'être le responsable de la débâcle financière et économique de l'empire et, dans la colère, le poignarde.
Si Aetius réussit à maintenir Valentinien III sur son trône, s'il parvient à lui conserver, envers et contre tous, une ombre du pouvoir, si, en grand capitaine, il se dépense sans compter, durant un quart de siècle, pour sauver ce qui peut être encore sauver, l'échec est patent. Sa mort sonne le glas de l'empire d'Occident. Les successeurs de Valentinien III ne seront désormais plus que des rois d'Italie. Le reste de l'empire d'Occident est définitivement aux mains des barbares.
Six mois plus tard, le 16 mars 455, deux fidèles d'Aetius, deux officiers barbares, Optila et Thraustila, vengent la mort de leur maître en tuant Valentinien III alors qu'il se rend en cortège aux courses.

Dixit : Le poète Sidoine Apollinaire rapporte qu'un Romain aurait dit à l'empereur, après l'assassinat d'Aetius : "J'ignore quels ont été vos griefs : mais je sais que vous avez agi comme un homme qui se sert de sa main gauche pour se couper la main droite" (Sidoine Apollinaire, Panégyrique d'Avite, 359).

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.