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TRAJAN




Nom. Marcus Ulpius Traianus.

Naissance. Le 18 septembre 53, à Italica, près de Séville, sur le Guadalquivir.

Famille. Il appartient à la famille des Ulpii, famille de colons qui acquiert une respectabilité indiscutable sous le règne de Vespasien.

Père. Marcus Ulpius Traianus mène une carrière sénatoriale brillante qui le conduit jusqu'au proconsulat d'Asie en 79-80.

Mère. ?

Portrait. Il n'est pas ce qu'on appelle un bel homme. Il porte les cheveux courts et plats. Son visage est plutôt osseux, le nez grand, la bouche étroite, les lèvres minces.
Il n'appartient pas non plus au cercle des intellectuels raffinés, et s'il apprécie le vin et les mignons, il n'est pas un soudard aviné comme le prétendent certains historiens.
Il a de la prestance, voire même de la majesté tout en sachant se montrer très proche du commun des mortels. Son entrée à Rome se fait à pied, sans protection, au milieu de la liesse populaire. Homme de bon sens, il s'entoure de conseillers hautement qualifiés, tels que Pline le Jeune, Dion de Pruse, Frontin, Neratius Priscus, un grand juriste, Appolodore de Damas, un architecte de renom...

Mariage. Son épouse, d'origine nîmoise, se nomme Pompeia Plotina. Elle a, semble-t-il, le même âge qu'Hadrien. Belle et réservée, elle vit retirée dans le palais impérial. Son union avec Trajan demeure stérile. Est-ce à cause de l'homosexualité de son mari ?
Elle meurt en 122.

Cursus. C'est sous le règne de Domitien qu'il entreprend sa carrière militaire et politique. Durant 10 ans, il sert comme tribun, avec rang d'officier en second de sa légion. Puis, il parcourt toutes les magistratures qui lui ouvrent finalement la porte du consulat en 91, puis la légation de Germanie supérieure en 97 où Nerva vient le chercher pour l'adopter en octobre et en faire son successeur.

Dies imperii : 25 janvier 98 ap. J.-C.

Règne. Trajan est à Cologne lorsqu'il apprend par Hadrien, la mort de Nerva, survenue le 25 (ou 27) janvier 98. Agé de 44 ans, il est dans la force de l'âge. Immédiatement, il s'attire une immense popularité hors d'Italie, car c'est la première fois qu'un provincial devient empereur.
Et sous cet aspect-là, son élection marque un tournant capital pour l'empire. Celui-ci n'appartient plus aux seuls Romains, aux seuls Italiens. Il appartient à tout citoyen. Bien qu'élu, Trajan ne quitte pas immédiatement le Rhin pour gagner Rome. Il estime plus important de poursuivre la fortification de cette frontière. Il prie donc le Sénat de s'occuper de l'administration de l'empire jusqu'à son arrivée.
Puis il passe sur le Danube mener à bien la même tâche. Ce n'est qu'au début 99 qu'il entre à Rome.
En procédant à des distributions de blé, en lui offrant des Jeux et ses triomphes, en assurant l'entretien des enfants pauvres italiens, citadins, libres, légitimes et de sexe masculin, Trajan s'attire l'adoration du petit peuple.
Les intellectuels l'apprécient aussi, car c'est dans leur cercle qu'il choisit ses proches collaborateurs et ses conseillers. Respectueux du droit et du Sénat, et considérant son pouvoir comme une fonction administrative et non comme un droit à se conduire en despote arbitraire, il obtient la caution de la classe politique. "Voici que j'entends pour la première fois que le Prince est non pas au-dessus des lois, mais que les lois sont au-dessus du Prince " (Pline le Jeune).
Il laisse dans la mémoire collective des Romains, le souvenir éblouissant d'un grand empereur par
- ses conquêtes. Afin d'assurer la sécurité de l'empire, il mène de rudes campagnes contre trois adversaires qui mettent l'empire en péril: les Daces (Roumanie) de 101 à 107, les Nabatéens (Arabie) de 105 à 106, et les Parthes (Arménie et Mésopotamie), de 114 à 117.
La conquête de la Dacie transdanubienne a pour objectif d'établir un poste avancé sur ce fleuve, celle de l'Arménie a pour objectif de se rendre maître de ce carrefour international, celle de la Mésopotamie a pour objectif de contrôler les routes commerciales en direction du golfe Persique et des Indes.
En 106, lors de la prise de Sarmizegetusa qui met fin à la 2ème guerre dacique, Trajan capture cinquante mille Daces et un butin absolument prodigieux, ce qui lui permet de renflouer les caisses de l'Etat. Rêvant d'être le digne émule d'Alexandre, il entre, en 116, à Babylone et pousse jusqu'au golfe Persique.
Pour assurer un meilleur approvisionnement de la capitale, il prend, en Afrique, le contrôle des hautes plaines riches en blé du Constantinois.
- ses constructions. Il rebâtit et agrandit le grand Cirque. En 100, il fonde, aux confins du Sahara, Timgad, le Pompei africain. En 102, il aménage le port d'Ostie. En 105, il lance deux ponts, le premier sur le Danube, à Dobreta, le second sur le Tage, à Alcantara. Toujours dans son Espagne natale, et toujours la même année, il dote la ville de Ségovie d'un aqueduc. De 107 à 109, il entreprend de grands travaux d'urbanisation à Rome, dont les Thermes qui porteront son nom. En 112, il remet en état le canal qui relie le Nil à la mer Rouge. En 113, il célèbre la dédicace de cet extraordinaire livre d'images de pierre qui s'enroule autour d'une colonne, la Colonne Trajane, érigée sur le Forum. En 115, il entreprend la reconstruction d'Antioche détruite par un tremblement de terre. Désireux de doter l'empire d'un réseau de routes stratégiques et commerciales encore plus performant, il lance encore la construction de nouvelles routes.
- son changement de style qui respire l'air du temps. Simple, affable, ouvert, pratiquant naturellement la moderatio, cette vertu de l'équilibre, du sage milieu, de la fuite des excès que l'on souhaite tant aux hvmmes du pouvoir, il prend le contre-pied de Domitien. Monarque absolu, il sait cependant laisser aux civils une certaine autonomie et à quelques stoïciens le soin de mener une opposition courtoise.
-la mise en oeuvre d'un programme politique cohérent reposant sur l'ordre à l'intérieur et l'impérialisme à l'extérieur.
Face au christianisme, Trajan adopte une attitude intéressante. Quand Pline le Jeune qu'il a nommé gouverneur de Bithynie, lui demande, en 112, comment il doit se comporter envers les chrétiens de sa province qu'on lui a dénoncés comme tels, Trajan lui répond de les punir s'ils sont convaincus d'appartenir à cette nouvelle religion. Mais ce n'est pas à l'Etat de les rechercher et encore moins de tenir compte des dénonciations anonymes. "Un homme n'est pas digne de vivre dans notre siècle s'il prête l'oreille aux dénonciations anonymes. "
Epuisé par sa campagne contre les Parthes, à demi-paralysé par une attaque d'apoplexie, souffrant d'hydropisie et de graves troubles respiratoires, il meurt, le 9 août 117, à Selinonte de Cilicie, en Asie Mineure.
Trajan, dont le bilan de son règne est positif dans l'ensemble, répond à une attente très forte de son époque relative à l'image de l'empereur. Tout en restant un homme parmi ses semblables, il représente, sur terre, Jupiter, père et bienfaiteur de tous les hommes.
Si la propagande officielle insiste avant tout sur ses victoires et le présente comme un grand général, c'est cependant dans la gestion des affaires publiques qu'il marque l'empire de son empreinte.

Dixit
"Felicior Augusto, melior Trajano ", " Plus heureux qu'Auguste, meilleur que Trajan ", tel sera désormais le souhait qui sera formulé à l'avènement de chaque nouvel empereur.

"Empereur, je cherche toujours à me comporter vis-à-vis de mes sujets de la même manière dont je souhaitais autrefois, simple particulier, que l'empereur se comportât envers moi " (Eutrope).

Au préfet du prétoire Suburanus auquel il présente l'insigne de sa charge, un poignard, il dit en lui tendant l'arme: "Prends ce poignard. Si je gouverne bien, tu t'en serviras pour moi; si je gouverne mal, contre moi " (Eutrope).

Sources : Pline le Jeune, Panégyrique de Trajan.
Pline le Jeune, Correspondance.
Eutrope, Abrégé de l'Histoire romaine, VIII.
Eutrope, Sentence de Trajan, VII.
Dion Cassius, Histoire romaine, LXVIII.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.