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TITUS




Nom. Titus Flavius Vespasianus.

Naissance. 30 décembre 39 selon toute vraisemblance.

Père. L'empereur Vespasien.

Mère. Flavia Domitilla.

Portrait. "Dès son enfance, brillèrent en lui les qualités du corps et de l'esprit, qui se développèrent de plus en plus avec le progrès de l'âge : une beauté incomparable faite de majesté non moins que de grâce, une vigueur extrême, malgré sa petite taille et son ventre un peu trop proéminent, une mémoire extraordinaire, des dispositions presque pour tous les arts militaires et civils. Il était très habile à manier les armes et les chevaux, capable, soit en latin, soit en grec, de faire un discours ou de composer des vers avec une facilité qui allait jusqu'à l'improvisation ; la musique elle-même ne lui était pas étrangère, car il chantait et jouait de la lyre d'une façon agréable et suivant les règles de l'art. Je tiens de plusieurs personnes qu'il avait aussi l'habitude de sténographier avec une vitesse extrême, car il s'amusait à concourir avec ses secrétaires, et d'imiter toutes les écritures qu'il voyait, ce qui lui faisait dire souvent "qu'il aurait pu être un excellent faussaire" (Suétone).

Mariage. Il épouse d'abord la fille d'un chevalier romain, Arrecina Tertulla, puis, après sa mort, Marcia Furnilla, qu'il répudie après la naissance de leur fille Julie.
En juillet 67, après la conquête de la Galilée, il conçoit une passion violente pour une alliée des Romains, Bérénice, une Juive, fille aînée d'Hérode Agrippa 1er, née en 28 ap. J.-C. Le coup de foudre éclate le jour où Vespasien la reçoit avec son frère à Césarée. En 75, le mariage entre les deux amants paraît certain. Mais la haine qui divise Juifs et Romains brise cette idylle. Titus est obligé de renvoyer Bérénice "malgré lui malgré elle", lorsqu'il monte sur le trône.

Cursus. C'est en marchant sur les traces de son père, en l'accompagnant dans ses missions, en collaborant très étroitement avec lui, que Titus conquiert son titre d'héritier. Il fait ses premières armes en Germanie et en Bretagne comme tribun militaire. Questeur en 65, il est nommé, de 66 à 69, légat de la légion XV Apollinaris, sous les ordres de son père.

En 69, celui-ci, devenu empereur, lui demande d'achever la pacification de la Judée. Ce que fait Titus en prenant Jérusalem en été de l'an 70. Flavius Josèphe, acteur de cette guerre sans merci, témoigne de son horreur : "Au cas où l'on était pris, on se défendait malgré tout, mais après ce combat on voyait bien que demander grâce était hors saison : fouettés et soumis à toutes sortes de tortures avant la mort, les prisonniers étaient ensuite crucifiés en face du rempart. Titus trouvait ce traitement Déplorable. Seulement comme on faisait chaque jour cinq cents prisonniers et certains jours davantage, à ses yeux, relâcher des gens qui avaient été capturés par la force n'était pas sans danger... La plupart du temps, malgré tout il laissa faire, dans l'espoir que les factieux céderaient peut-être devant ce spectacle en se disant que s'ils ne se rendaient pas, ils subiraient les mêmes sévices. Les légionnaires poussés par la rage et la haine, s'amusaient à clouer les captifs dans des positions variées et il y en avait tellement qu 'on manquait de place pour les croix et de croix pour les corps ". En janvier 71, père et fils célèbrent ce triomphe sur les Juifs.

Associé au gouvernement de l'empire en recevant la puissance tribunitienne et l'imperium proconsulaire, Titus occupe diverses charges : censeur en 73-74, il est chargé de procéder au dernier dénombrement officiel des citoyens romains. Entre 70 et 79, il est sept fois consul. De 71 à 79, il est nommé chef du prétoire.

Dies imperii : 23 juin 79.

Règne. Il succède à son père Vespasien en recevant le titre d'Auguste et la dignité de souverain pontife. Sa popularité auprès du peuple et son prestige dans les rangs de l'armée sont énormes. Par contre, la classe politique se montre plus réservée. Elevé, durant son adolescence, à la cour de Claude grâce à son amitié pour Britannicus, il montre à cette époque un penchant inquiétant pour la cruauté, la débauche, la rapacité, l'intolérance. Lorsqu'il monte sur le trône, on craint d'y voir assis un nouveau Néron. En réalité, il développe des qualités de bienveillance, de générosité, de libéralisme qu'on ne lui connaissait pas et réussit à se dépouiller des défauts qu'on lui reprochait. Plus encore, il refuse d'écouter les délateurs et de poursuivre les personnes pour crime de lèse-majesté.

Ses bonnes dispositions laissent augurer un grand règne. Et les catastrophes qui le secouent violemment en son début lui offrent une douloureuse occasion de prouver qu'on a bien raison de lui faire confiance.

Le 24 août 79, le Vésuve détruit Pompei et Herculanum. Quelques mois plus tard, en 80, Rome est à moitié détruite par un incendie et la peste ravage l'empire.

Titus se montre à la hauteur de ces désastres. Il débloque de fortes sommes pour venir en aide aux nombreux sinistrés. Il se lance dans de grandes constructions et répare celles qui ont été détruites. A Rome, il remet en état le Colisée, les thermes, l'Arc de Triomphe...

Si ces bonnes dispositions grèvent dangereusement l'équilibre budgétaire de l'Etat, elles lui attirent la sympathie du peuple qui l'appelle "les délices du genre humain".

Il meurt en effet, le 13 septembre 81, à Aquae Cutiliae, dans la maison même où son père était mort deux ans auparavant. Certains prétendent que son frère Domitien serait responsable de sa mort. D'autres affirment que c'est en assistant personnellement les malades victimes de la peste, qu'il contracte cette maladie.

Dixit : "Un soir, à table, se rappelant que, pendant tout le jour, il n'avait accordé de bienfait à personne, il prononça cette parole mémorable, que l'on célèbre avec raison : Mes amis, j'ai perdu ma journée" (Suétone).
Sources : Suétone, Vies des douze Césars, VIII.
Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, V, 449-451, (Trad. André Pelletier).

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.