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THEODOSE II





Nom. Flavius Theodosius.

Naissance. Le 10 avril 401 à Constantinople.

Père. L'empereur Arcadius.

Mère. L'impératrice Aelia Eudoxia.

Portrait. Il reçoit des meilleurs professeurs d'alors une formation de premier ordre aussi bien en calligraphie, grammaire, rhétorique et philosophie qu'en tir à l'arc ou en équitation.
Sa soeur Pulchérie lui apprend de plus comment un empereur doit marcher, porter sa robe, s'asseoir sur son trône, écouter avec attention et bienveillance, faire des réponses convenables, bref, savoir tenir son rôle. Mais personne ne lui apprend l'art de gouverner. Entouré de femmes et d'eunuques qui le mènent à leur guise, cet empereur ne parvient pas à affirmer sa personnalité.

Mariage. Sa soeur Pulchérie, qui assure la régence, lui fait épouser, le 7 juin 421, une païenne Athénaïs, fille de Leontius, un professeur de rhétorique d'Athènes. Certain que l'éclatante beauté de sa fille lui fera trouver rapidement un beau parti, Leontius la déshérite au profit de ses deux frères. Athénaï's, qui ne l'entend pas de cette oreille, se rend à la cour de Constantinople demander justice. Lorsque Pulchérie reçoit la jeune femme, elle est si frappée par sa beauté qu'elle n'hésite pas un instant à combler les espérances de Leontius, bien qu'elle ait une dizaine d'années de plus que Théodose II. Le mariage entre les deux jeunes gens est précédé du baptême d'Athénaïs qui reçoit le nom d'Aelia Eudocia.
Lorsque la nouvelle impératrice prouve sa fécondité en mettant au monde une fille, Licinia Eudoxia, Pulchérie l'élève au rang d'Augusta, le 2 janvier 423. Aelia Eudocia meurt en 460, à Jérusalem, à l'âge de soixante-sept ans, après seize ans d'exil et de disgrâce pour avoir osé supplanter Pulchérie dans le gouvernement de l'empire.

Cursus. Le 10 janvier 402, quelques mois donc après sa naissance, son père élève Théodose II au rang de César et d'Auguste.

Dies imperii : 10 janvier 402.

Règne. Il succède à son père, le 1er mai 408, à l'âge de sept ans.
A l'image de son père Arcadius, Théodose II n'est pas doté d'un tempérament de chef. Aussi, durant tout son règne, n'est-il qu'un prête-nom pour son entourage qui gouverne à sa place.
De 408 à 414, Anthème, le préfet du prétoire, assure la régence. Il établit des relations cordiales avec l'empire perse et met sur pied une organisation efficace de transport du blé entre l'Egypte et Constantinople. Il renforce la défense du Danube et celle de la capitale.
En 409, Théodose II envoie à Ravenne quatre mille hommes secourir son oncle, l'empereur Honorius, aux prises avec les hordes d'Alaric.
Lorsqu'Anthème meurt en 414, c'est l'intelligente, l'impérieuse, la dévote Pulchérie qui prend le relais et assure la régence durant la minorité de son frère. Elle n'a que deux ans de plus que lui. Mais qu'importe ! elle possède, elle, le caractère et l'énergie d'un chef.
Le 4 juillet 414, elle est élevée au rang d'Augusta.
Ayant avec ses deux soeurs Arcadie et Marine fait voeu de virginité, vivant comme des moniales, elles impriment à la cour de Constantinople une allure monastique.
Dès 423, c'est-à-dire depuis le moment où elle reçoit le titre d'Augusta, l'influence d'Aelia Eudocia éclipse peu à peu celle de Pulchérie qui croyait trouver en sa belle-soeur un instrument docile. Durant dix ans elle règne sur le coeur et l'esprit de Théodose II. Mais si sainte soit-elle, Pulchérie n'entend pas céder sa place. Au bout de dix ans, elle obtient la disgrâce d'Aelia Eudocia. Celle-ci, dépouillée de son titre d'Augusta et de tous les avantages qu'il lui procurait, se retire à Jérusalem et consacre désormais sa vie à la prière et au soin des pauvres.
Aux côtés de Pulchérie qui a retrouvé sa place, un troisième personnage exerce alors une influence prépondérante sur l'empereur, l'eunuque Chrysaphios.
Trois événements importants marquent le règne de Théodose II.
Le premier est celui de la construction d'une grande muraille autour de Constantinople pour parer aux menaces croissantes des barbares. Commencée en 413, elle protège la ville sur près de six kilomètres. Cette muraille est constituée par une triple ligne de défense : un mur intérieur haut de onze mètres, flanqué de quatre-vingt-seize tours hautes de vingt mètres ; un mur extérieur haut de huit mètres cinquante, flanqué lui aussi de tours ; un fossé large de quinze à vingt mètres. Dix portes permettent d'entrer dans la ville dont la célèbre porte d'Or par où les empereurs victorieux font leur entrée triomphale.
A l'abri de cette muraille, la ville connaît un développement extraordinaire. On y dénombre trois cent vingt-deux rues, cinquante-deux portiques, quatre mille trois-cent-quatre-vingt-huit îlots de maisons, cent cinquante-trois bains privés, sans parler d'innombrables palais, églises, places, théâtres, marchés, greniers publics...
Le second événement est d'ordre intellectuel. En 425, Théodose II fonde l'université de Constantinople. Il crée dix chaires pour la grammaire latine, dix pour la grammaire grecque, trois pour l'éloquence latine, cinq pour l'éloquence grecque, plus une chaire de philosophie et deux chaires de droit.
Le troisième événement est d'ordre juridique. De 429 à 439, Théodose II fait réunir et classer méthodiquement toutes les constitutions impériales promulguées par Constantin I et ses successeurs, y compris les siennes. Cette compilation porte le nom de Code théodosien. Théodose II l'envoie à son cousin, l'empereur d'Occident Valentinien III, et lui demande d'en faire l'instrument juridique principal pour son empire, voulant ainsi marquer qu'il n'existait qu'un seul et unique empire romain, qu'un seul et unique droit romain.
Aux frontières sud et est, Théodose II doit faire face à une poussée des Arabes, et sur le Danube aux raids quasi annuels d'Attila. En 441, Théodose II est obligé de signer un traité humiliant avec ce chef des Huns. Il s'engage à lui verser un tribut annuel de deux mille cent livres d'or, plus quatre mille livres d'or pour les arriérés. Ce qui n'empêche pas Attila, en 447, de franchir de nouveau le Danube et de prendre plus de cent villes et forteresses et d'exiger de vastes territoires. En 449, ce chef barbare signe un nouveau traité de paix avec l'empereur d'Orient. Il s'engage à évacuer les territoires romains au sud du Danube. Mais ce succès de Théodose II est dû moins à l'habileté de ses ambassadeurs qu'à la décision d'Attila de se jeter plutôt sur l'empire d'Occident.
Sur le plan religieux, le règne de Théodose II est marqué par les deux conciles d'Ephèse de 431 et de 449. Le concile de 431 définit que, dans le Christ, il n'y a qu'une seule personne et deux natures et que la Vierge Marie est véritablement Mère de Dieu. En conséquence, le concile condamne Nestorius, archevêque de Constantinople, qui refuse ces définitions.
Le concile de 449, que le pape Léon 1er qualifie de brigandage d'Ephèse, rassemble une majorité d'évêques favorables à l'hérésie d'Eutyches qui, lui, ne reconnaît au Christ que la nature divine.
Théodose II meurt accidentellement des suites d'une chute à cheval, le 28 juillet 450. Pulchérie profite de sa qualité d'Augusta pour éliminer l'eunuque Chrysaphios avec lequel elle avait dû, à contrecoeur, partager son emprise sur son frère.
Puis, se rendant compte que les temps n'étaient pas encore mûrs pour accepter qu'une femme régnât seule sur l'empire, elle conclut un mariage blanc avec Marcien, un sénateur de soixante ans, auquel elle donne la pourpre impériale.
Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.