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PROCOPE




Nom. Procopius. Nom complet inconnu.

Naissance. Vers 325.

Famille. Sa famille est originaire de Corycos en Cilicie.

Père. ?

Mère. Sa mère serait la soeur de Basiline, l'épouse de Jules Constance, la mère de l'empereur Julien I.

Portrait. On le dit sans prestige, voûté, mélancolique, asocial. Il vit dans les nuages, et il aurait le mauvais oeil !

Mariage. Procope épouse Faustine, la veuve de l'empereur Constance II. Il adopte Constantia, la fille que Faustine a mise au monde peu de temps après la mort de Constance II. Il fait marcher la petite, alors âgée de quatre ans, à côté de sa litière ou la porte dans ses bras lorsqu'il parcourt les rangs de son armée. Par ce mariage, il veut se rattacher à la famille impériale, et, par la protection qu'il accorde tant à Faustine qu'à la petite Constantia, il cherche à s'attirer la sympathie du peuple et la fidélité de ses soldats qui jurent de défendre jusqu'à la dernière goutte de leur sang le tendre rejeton de la famille royale.

Cursus. Procope fait carrière dans l'administration. Sous Constance II, il occupe la fonction de tribun des notaires. Julien I l'appelle à sa cour et lui confie, en 363, une des colonnes de son armée qui marche contre les Perses. Plus encore, pressentant peut-être sa fin sur le champ de bataille, Julien le désigne comme successeur et lui remet en secret la robe pourpre. Mais cet épisode n'est peut-être qu'une invention de la propagande des partisans de Procope. Dans tous les cas, le temps n'est pas donné à celui-ci de la revêtir. Lorsqu'il apprend la mort de Julien, Jovien est déjà nommé. Il se rend alors auprès du nouvel empereur et lui demande de pouvoir se retirer sur ses terres, à Césarée de Cappadoce.
Lorsque Valens, au début de son règne, se met à éliminer les proches collaborateurs de Julien, Procope se sent menacé. Il s'enfuit dans la région du Pont, puis en Crimée. Mais nulle part il ne se sent en sécurité. Un vieil eunuque de Julien, que Valens a disgracié, lui conseille, pour sauver sa vie, d'usurper le pouvoir au lieu de le fuir. Il revient donc en secret à Constantinople.
A la fin du mois de septembre 365, l'occasion lui semble favorable de tenter le coup. Valens est retenu en Syrie par les Perses. Et à Constantinople, Petronius, le beau-père de l'empereur que celui-ci a placé à la tête de la police, répand la terreur parmi la population par son avidité et sa cruauté. De plus, deux cohortes de Gaulois, venant de la province d'Asie et en route vers la Thrace pour aller y combattre les Goths, font halte dans la capitale. Procope est riche. Il les achète.
Fort de ce soutien armé, il se rend maître de Constantinople et du palais impérial. Puis, après avoir fait arrêter le chef du prétoire Nebridius et le préfet de la ville Caesarius, il se fait proclamer empereur par ses troupes à l'entrée des bains d'Anasthasie. Il sait qu'il risque gros. "Il se tenait là, décomposé (on l'aurait cru évoquer les Enfers). Comme on n'avait trouvé nulle part de manteau pourpre, il était revêtu d'une tunique brodée d'or comme un serviteur de l'empereur, et, des pieds à la ceinture, il était semblable à un petit page à l'école, avec ses chausses de pourpre, si bien qu'on aurait cru voir sur une scène de théâtre, une sorte de caricature, surgie soudain du décor du rideau ou d'un jeu de pantomime" (Ammien Marcellin). Le peuple, d'abord hésitant, se rallie finalement.

Dies imperii : 28 septembre 365.

Règne. Procope n'a pas seulement une petite armée pour le soutenir dans sa folle aventure, il trouve encore des appuis auprès des cercles de la capitale qui méprisent les empereurs illyriens, tous des grossiers à leurs yeux, auprès des intellectuels païens qui n'oublient pas Julien, auprès du peuple toujours attaché à la famille de Constantin et révolté par la fiscalité impitoyable de Valens. De plus les Goths lui fournissent quelques milliers d'auxiliaires et plusieurs légions passent dans son camp. Finalement, il réussit à rassembler autour de lui suffisamment de partisans pour rendre crédible son entreprise. Les ateliers monétaires d'Héraclée, de Constantinople, de Cyzique et de Nicomédie frappent des monnaies à son effigie.
Procope parvient à occuper la Thrace et l'Hellespont. Valens, qui croit la partie perdue, pense traiter avec Procope, voire démissionner. Ses ministres parviennent à calmer ses craintes et à le pousser à prendre l'initiative de la lutte. En novembre 365, Valens tente d'assiéger son rival dans Chalcédoine. Une sortie du tribun Rumitala le force à s'enfuir. Toute la Bithynie tombe entre les mains de Procope.
En 366, Valens revient à la charge, lorsqu'il apprend que dans les rangs de son rival les défections vont croissant. Et cette fois-ci, il l'emporte, le 26 mai, grâce à la trahison d'un des partisans de son adversaire. La bataille a lieu près de Thyatire. Procope est en train de vaincre quand un de ses généraux, Gomoaire, "après avoir mis dans le complot tous ceux qui, tout en se battant du côté de Procope, étaient du parti de l'empereur, cria au coeur même de la bataille le nom d'Auguste et fit en sorte, grâce à quelque signal convenu, que tous ceux qui se trouvaient avec lui poussent le même cri ; sur ces entrefaites, tous les soldats de Procope passèrent du côté de Valens." Abandonné par ses troupes, Procope s'enfuit dans une forêt proche. Mais les deux officiers qui l'accompagnent le livrent le lendemain, le 27 mai 366, à Valens qui le fait immédiatement décapiter. Il fait aussi décapiter les deux officiers qui ont trahi son rival. Socrate et Sozomène racontent que Valens fait attacher Procope à deux arbres recourbés qui le déchirent lorsqu'il les fait se redresser.
Un de ses parents, Marcellus, prend alors la tête d'une petite armée de Goths arrivés en renfort et se fait proclamer empereur dans la région de Calcédoine. Equitius, commandant des troupes stationnées en Illyrie réussit à se saisir de ce nouvel usurpateur et le fait exécuter. Le 1er août 366, la rébellion est définitivement écrasée.

Sources Ammien Marcellin, Histoire, XXVI.
Zosime, Histoire nouvelle, IV.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.