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PERTINAX





Nom. Publius Helvius Pertinax.

Naissance. 1er août 126, à Alba Pompeia, dans le Piémont.

Famille. Pertinax est issu d'une famille des plus modestes. Son père, un affranchi de Vada Sabatia en Ligurie, aurait exercé le métier de charpentier ou de commerçant.

Portrait. Tous ses biographes parlent de lui comme d'un homme d'honneur, simple, courtois, affable, sans prétention. Lorsqu'il monte sur le trône impérial, c'est déjà un vieillard de soixante-sept ans.

Mariage. Il épouse Flavia Titiana qui lui donne un fils. Par modestie, il n'accorde ni à sa femme le titre d'Augusta, ni à son fils celui de César.

Cursus. Il débute d'abord dans la carrière de l'enseignement comme professeur de grammaire, puis l'abandonne pour s'engager dans la vie militaire. La recommandation du patron de son père, le consulaire Lollianus Avitus, lui permet d'accéder aux fonctions supérieures. Après avoir été centurion, Pertinax obtient, sous le règne d'Antonin, le grade de préfet d'une cohorte qui le mène en Syrie et en Bretagne. Il commande ensuite un escadron de cavalerie dans la Mésie. Il poursuit sa carrière en qualité de commissaire pour les provisions sur la voie Emilienne avant d'aller commander la flotte du Rhin. Puis il est nommé intendant de la Dacie et placé à la tête des vétérans d'une légion. C'est à ce moment-là que Marc Aurèle, en reconnaissance de ses services, le fait entrer au Sénat et lui confie le commandement de la légion I Adjutrix en Rhétie et en Norique. Vers l'an 175, il est élu consul. Il accompagne Marc Aurèle en Orient. Celui-ci lui donne ensuite le commandement du Danube avant de le nommer, en 176, légat consulaire de Mésie, de Dacie, puis de Syrie et, en 185, de Bretagne. Ensuite, il est chargé des provisions publiques à Rome, en 187, avant d'être nommé proconsul d'Afrique en 188. Préfet de Rome à partir de 189, il est finalement choisi consul ordinaire en 192 avec Commode comme collègue.
C'est donc à la porte d'un brillant chef militaire et un administrateur éprouvé que, dans la nuit du 31 décembre 192, le chambellan et le préfet du prétoire, Laetus, se présentent. Pertinax est convaincu que Commode les a envoyés pour lui ordonner de se suicider ou pour l'exécuter. S'il est soulagé lorsque ses amis lui annoncent que c'est, au contraire, Commode qui a été exécuté, son inquiétude refait surface lorsque ceux-ci lui offrent la pourpre impériale. Il accepte cependant, mais avec la plus grande des réticences. Ses amis le conduisent alors chez les prétoriens qui l'acclament empereur contre la promesse d'un dona-tivum de trois mille drachmes par soldat. Au petit matin de 1er janvier 193, le Sénat ratifie ce choix, après avoir obtenu la preuve que Commode était bien mort. Sage précaution !

Dies imperii : 1er janvier 193.

Règne. Pertinax ne va régner que deux mois et vingt-sept jours. Ce bref laps de temps lui permet cependant de rappeler tous ceux que Commode a exilés, de libérer ceux qu'il a jetés en prison, de leur rendre leurs titres et leurs biens. Pour faire face aux dépenses immédiates : approvisionnement de la capitale, entretien des édifices publics et des routes..., il remet de l'ordre dans les finances publiques et vend les biens de Commode : esclaves, bouffons, riches vêtements, vaisselle d'or et d'argent, voitures, dont plusieurs sont munies de compteurs mesurant la distance parcourue et d'horloges indiquant l'heure... Ces rentrées lui permettent de commencer à honorer sa promesse aux soldats en leur remettant la moitié de leur donativum et de faire cadeau de 100 drachmes à chaque citoyen de Rome. Il rétablit la liberté du commerce, tente de stopper l'hémorragie des campagnes en renouvelant la lex Hadriana de rudibus agris qui cède les terres incultes de l'empire à qui veut bien les défricher...
Si Pertinax acquiert par ces mesures une popularité immense dans le peuple, les prétoriens ne l'acceptent qu'avec la plus extrême des réserves. La discipline qu'il entend rétablir dans leur rang leur déplaît souverainement. Ne leur a-t-il pas donné comme mot d'ordre "militemus", "Nous sommes en service commandé" ? Laetus, le préfet du prétoire, qui est venu lui offrir le trône, constatant que l'empereur ne se laissait pas manoeuvrer comme il le souhaite, pousse ses prétoriens à la rébellion. Le 28 mars 193, deux à trois cents d'entre eux pénètrent dans le palais impérial. Selon la version de Dion Cassius, qui a vécu ces événements, Pertinax aurait tenté de leur faire entendre raison. Mais en vain ! Il est assassiné ! C'est un barbare, originaire du pays de Tongres, qui lui porte le premier coup. Sa tête est coupée et portée en triomphe au camp des prétoriens, à la grande indignation du peuple. Cette version semble la plus vraisemblable. Selon l'Histoire Auguste, Vie de Pertinax, ce dernier aurait été assassiné par les prétoriens dans sa chambre à coucher au moment où il tentait de s'enfuir.

Dixit. : Dans un décret au Sénat, il déclare "qu'il aimait mieux gouverner avec équité une république pauvre, que d'acquérir des richesses par des voies tyranniques et déshonorantes".

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.