Accueil Envoyer un mail Forum

MAXIMIN I le Thrace




Nom. Caius Julius Verus Maximinus.

Naissance. Vers 170, en Thrace. Il est donc le premier empereur illyrien.

Famille. D'après ses biographes, des sénateurs, ses adversaires implacables, Maximin I serait issu d'une famille de bergers des Balkans.

Père. Micca serait son nom. Il serait d'origine gothique Mère. Sa mère, Abada (?), appartiendrait à la tribu des Alains.

Portrait. Tous ses biographes s'attardent sur sa taille de géant (huit pieds, cinq doigts : environ 2 m 73), sa force herculéenne, sa brutalité, son orgueil. D'un coup de poing, il est capable de briser la mâchoire d'un cheval. Quant à sa propre mâchoire inférieure, deux bustes "réalistes", dont l'un se trouve à Munich et l'autre à Berlin, nous la montrent anormalement développée. Sa faim et sa soif sont insatiables. Il lui arrive de boire en une seule journée une amphore capitoline de vin (environ 26 litres) et de manger quarante livres, voire soixante livres de viande. Il se fait remarquer par l'empereur Septime Sévère à l'occasion de deux performances exceptionnelles. Il parvient à suivre, sans se fatiguer et sur une longue distance, son cheval lancé au galop et à terrasser sept des plus forts soldats de son armée. Malheureusement pour lui, les muscles de son cerveau ne sont pas aussi développés que ceux de ses biceps. De la culture, il ne connaît que la culture physique.

Mariage. Son épouse se nomme Cecilia Paulina. Elle lui donne, vers 218, un fils, Caius Julius Verus Maximus, qu'il élève au rang de César en 236 et qu'il nomme prince de la Jeunesse, affirmant ainsi sa volonté de créer à son tour une dynastie. Cecilia Paulina meurt, selon toute vraisemblance, avant 238. L'empereur Sévère Alexandre pense, un instant, lui donner en mariage sa soeur.

Cursus. Soldat, il gravit tous les échelons de la carrière militaire. Sous les règnes de Septime Sévère et de Caracalla, il sert dans la cavalerie et obtient le grade de centurion. Tribun d'une cohorte auxiliaire sous Elagabale, on le découvre, ensuite, dans l'entourage de Sévère Alexandre. Celui-ci le nomme tribun de la IVème légion stationnée sur le Rhin avec pour responsabilité l'entraînement des recrues levées après l'échec de l'expédition contre les Perses.

Dies imperii : 18 mars 235.

Règne. Lorsque Sévère Alexandre est assassiné avec sa mère, sur les rives du Rhin, le 18 mars 235, les soldats, qui apprécient Maximin, le proclament empereur. Celui-ci accepte, non sans hésitation. Mais sa considération pour le Sénat frisant le néant, il ne prend ni la peine de faire ratifier son élection par cette Haute Assemblée, ni celle de se rendre à Rome. Il est donc le premier empereur à ne vouloir tenir son pouvoir et sa légitimité que de l'armée. Les sénateurs lui vouent, dès lors, une haine totale autant en raison de ses origines que de son mépris à leur égard. Mais n'ayant pas de forces armées à disposition, ils n'ont pas d'autre alternative que celle de la soumission. Deux d'entre eux, les sénateurs Magnus et Quartinus, tentent bien de retourner l'armée. Maximin I parvient à déjouer leurs complots.
En politique extérieure, Maximin I mène une double action dictée par les dangers qui guettent l'empire.
Sur le Rhin, les Alamans ont franchi le limes. En 235, Maximin I les attaque sur leurs terres, les rejoint vraisemblablement dans le Wurtemberg et leur inflige une cinglante défaite. Il s'accorde aussitôt le titre de Germanicus maximus. La route est libre pour conquérir la Germanie jusqu'à la mer du Nord.
Mais il doit abandonner ce projet. Il lui faut aller dégager la frontière du Danube.
Sur ce fleuve, les Daces et les Sarmates menacent à leur tour l'empire. Pour mieux les combattre, Maximin I établit sa cour et son quartier général en Pannonie, à Sirmium, durant l'hiver 235 - 236. Dans les derniers mois de 236, il remporte sur ces ennemis quelques succès suffisamment importants pour s'accorder deux nouveaux titres, ceux de Sarmaticus maximus et Dacius maximus.
A l'intérieur, dans le domaine religieux, autant son prédécesseur Sévère Alexandre avait favorisé les chrétiens, autant Maximin I les persécute. Il s'en prend plus particulièrement aux chefs des Eglises, les évêques et les prêtres, coupables à ses yeux des progrès du christianisme.
Mais c'est avant tout dans le domaine fiscal qu'il fait l'unanimité contre lui. Sa politique financière tient en trois ou quatre mots : impôts, extorsions, confiscations, amendes. Elle se résume à trouver les fonds nécessaires au financement de ses campagnes et au règlement de la solde de ses soldats. Saignés à blanc, les propriétaires, les cités, les temples... sont rapidement mûrs pour passer à la rébellion.
C'est en Afrique proconsulaire qu'elle éclate en premier, en mars 238. Les grands propriétaires arment leurs paysans et leurs esclaves. Cette armée prend Thysdrus et assassine le procurateur du fisc qui applique plus qu'à la lettre les ordres de Maximin I. Puis, de force, le 22 mars 238, elle élit empereur le proconsul de la province, le sénateur Gordien. Celui-ci n'accepte la pourpre impériale que s'il peut associer son fils au gouvernement de l'empire. Tous deux prennent les noms de Gordien I et Gordien II. Mis au courant, le Sénat applaudit et légitime cette nomination. Plus encore, il appelle l'Italie à se soulever contre Maximin I. Mais la péninsule n'est pas la seule à se révolter. La rébellion gagne près de dix-huit provinces, tandis qu'une petite dizaine d'autres reste fidèle à l'empereur. Mais entre temps, en Afrique, un partisan de Maximin I, le légat Capellianus réussit à retourner la IIIème légion Augusta qui avait pris fait et cause pour les Gordiens. Cette légion noie dans le sang la révolte des Africains et élimine, le 12 avril 238, les deux empereurs Gordien I et II.
Le Sénat réplique en nommant, le 22 avril 238, deux nouveaux empereurs en la personne des sénateurs Pupien et Balbin. Maximin I quitte alors Sirmium à la tête des légions du Rhin, du Danube et de nombreux auxiliaires barbares pour marcher sur Rome. A cette nouvelle, le Sénat organise la défense de la péninsule. Une commission sénatoriale de vingt membres en assure la responsabilité. Elle applique la tactique de la terre brûlée. Aussi quand Maximin I entre en Italie, il trouve Emona (Ljubljana) totalement déserte, puis la plaine de Gorizia et la vallée d'Isonzo vides de toutes provisions. Il marche alors sur Aquilée. A sa grande colère, cette cité résiste avec succès à son siège.
Irrité par cet échec, Maximin I accuse ses généraux de mollesse et fait exécuter plusieurs d'entre eux. Ces exécutions irritent à ce point les soldats de la Ilème légion Partica (Une autre raison pousse les soldats de cette légion à se révolter. Leurs femmes et leurs enfants vivent à Albano, près de Rome, là où se trouvent leurs casernes ; leurs familles risquent donc de devenir les otages du Sénat que ceux-ci s'entendent alors avec la garde personnelle de Maximin I). Le 24 juin 238 (ou en juillet), ils l'assassinent lui et son fils sous les murs d'Aquilée, et s'empressent de porter leurs têtes à Ravenne où se trouve Pupien, puis à Rome, où Balbin attend la fin des combats. Pupien reçoit la soumission des troupes de Maximin I qu'il réunit aux siennes. Il peut alors entrer en triomphateur à Rome.

Sources : Histoire Auguste : Maximin.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.