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MAXIMIEN




Nom. Marcus Aurelius Valerius Maximianus.

Naissance. Aux environs de Sirmium en Pannonie, vers 250.

Famille. Elle est, semble-t-il, de condition très modeste.

Portrait. Le front bas, la figure ridée, le nez en trompette, le menton et le cou épais, la barbe hirsute, Maximien n'est pas ce que l'on appelle un bel homme.
Ses moeurs sont rudes, sa culture rudimentaire. Par contre, il a de la bravoure et de la science militaire à revendre.
Son élévation à la dignité impériale, il la doit avant tout à l'amitié. Entre lui et Dioclétien, c'est comme les doigts de la main.

Mariage. Il épouse une Syrienne, Eutropia. Elle lui donne un fils, Maxence, qui usurpera le pouvoir en 306.

Cursus. Il gravit les échelons de la hiérarchie militaire sous Aurélien et Probus. Dioclétien le nomme César, en novembre 285, puis Auguste, le 1er avril 286.

Dies imperii : 1er avril 286.

Règne. Coempereur, Maximien n'est cependant pas l'égal de son ami Dioclétien. Il occupe le second rang. Si, au début de leur collaboration, l'un et l'autre traitent indifféremment tous les dossiers, très vite, Dioclétien s'occupe plus spécialement des affaires de l'Orient et Maximien de celles de l'Occident.
C'est ainsi qu'en 285-286, Maximien part pour la Gaule réprimer le soulèvement des Bagaudes, ces laboureurs et ces bergers ruinés par les impôts, dépossédés de leurs terres par les grands propriétaires, devenus brigands par nécessité, et qui provoquent une grande insécurité sur les routes. Maximien les soumet en usant autant de la clémence que de la force armée.
Les Burgondes, les Alamans, les Francs et les Saxons, une fois de plus, profitent de ces troubles pour dévaster à leur tour la Gaule. Depuis des années déjà, ces barbares ne ratent aucune occasion pour se manifester (Maximien en fait la cruelle expérience le jour où, en 287, il prend le consulat. Alors qu'il prononce son discours d'intronisation, à Trêves, une de leurs bandes lance un raid sur la ville. Maximien est obligé d'interrompre son discours, de revêtir son armure et de livrer bataille). Maximien s'attaque aux Burgondes et aux Alamans. Il les refoule et les poursuit même au-delà du Rhin, tandis qu'un de ses généraux, M. Valerius Carausius, se charge des pirates francs et saxons qui écument et pillent les côtes de la Manche et de la mer du Nord.
Si ce général réussit à refouler ces pirates, il succombe cependant à deux tentations. Il ne résiste pas à celles de garder par devers lui et ses marins le butin conquis, et à la fin 286 ou au début 287, de se laisser proclamer empereur par ses troupes tout heureuses de s'enrichir à si bon compte. De plus, ses victoires lui ont permis de prendre le contrôle de l'Angleterre actuelle, du pays des Frisons et du nord de la Gaule.
Cette usurpation cause d'autant plus de problème à Maximien que les Francs du roi Gennobaud font alliance avec Carausius. Aussi cherche-Hl d'abord à briser cette alliance.
En 287 et en 288, il mène deux campagnes contre ce roi, le soumet et, pour mieux le détacher de Carausius, l'admet avec tout son peuple au sein de l'empire.
Puis, d'accord avec Dioclétien qu'il rencontre, en 288 (?), à Mayence (?), il décide de construire une flotte et d'attaquer Carausius par mer. Mais l'inclémence du temps fait échouer cette tentative. Carausius se croit alors tout permis. Il étend son autorité sur les deux côtés de la Manche, ainsi que sur la mer du Nord, de l'Escaut à la Seine. Sûr de ses succès et de son impunité, maître des ports et des voies de commerce maritime avec la Scandinavie et la Germanie, l'archi-pirate" parvient à étendre son influence jusqu'à l'intérieur de la Gaule. Et, comble de présomption, il frappe monnaie, dans l'atelier de Londres, en faisant graver son effigie à côté de celles de Maximien et de Dioclétien. Il fait de Gesoriacum (Boulogne) sa principale base de commandement. Et dès 290, il cherche à s'attacher les populations riveraines du Rhin. Maximien peut ainsi confier à son nouveau collaborateur la mission de s'occuper uniquement de Carausius, tandis qu'il s'emploie à fortifier le limes du Rhin. Le nouveau César lance une campagne foudroyante pour reconquérir la Gaule et s'emparer de Boulogne. Il réussit. Carausius ne survit pas à cette défaite. Allectus, son ministre des finances, le poignarde et lui succède avec le titre d'Auguste, vers la fin de l'année 293. On pense que cette révolution de palais est commanditée par les marchands de Londres qui, sentant le vent tourner, désirent préserver l'avenir. Cette supposition relève du fait que, après la victoire de Constance Chlore sur Allectus, les marchands de Londres ne sont pas touchés par les représailles et qu'ils peuvent conserver leur suprématie dans le trafic maritime avec les pays germaniques.
Puis, en 296, Constance Chlore se lance à l'assaut de la Bretagne après avoir construit, dans les chantiers de la Seine, près de Meaux (?), une nouvelle flotte. Le débarquement réussit grâce... au brouillard! Son armée peut en découdre avec celle de Allectus, près de Woolmer Forest, entre Winchester et Londres. Et c'est la victoire.
Ce problème résolu, Maximien laisse à Constance Chlore le soin de gérer la Bretagne, la Gaule et l'Espagne pendant que lui-même se consacre à l'Afrique où la situation est suffisamment grave pour réclamer sa présence. Maures et Berbères ne cessent de lancer des raids dévastateurs contre les provinces sahariennes, des tribus vassalisées se révoltent, un certain Julianus prend le pouvoir. De 296 à 298, Maximien se consacre donc à pacifier cette région de l'empire et à fortifier le limes africain. En mars 298, il peut faire une entrée triomphale à Carthage avant de regagner l'Europe.
Dans son domaine, la persécution des chrétiens déclenchée en 303-304 par Dioclétien, est brève, mais violente.
En 304, à Rome, il célèbre avec éclat les Jeux séculaires. Et en 305, il crée avec Dioclétien la surprise. Après vingt années de règne, le 1er mai, à Milan, il abdique en même temps que Dioclétien, non pas parce qu'il est fatigué de régner, mais parce qu'il a promis, au moment de son élection, de démissionner si Dioclétien le faisait.
Il se retire dans un de ses domaines en Lucanie (Italie du Sud).
Mais la passion du pouvoir le démange trop pour couler des jours paisibles dans cette retraite forcée. Le 28 octobre 306, il reprend son titre d'Auguste pour soutenir son fils Maxence, qui aspire, lui aussi, au pouvoir et le saisit en fomentant à Rome une révolte des prétoriens.
Le résultat est que l'on ne sait plus trop à quel empereur se vouer en cette année 306. On trouve en effet à la tête de l'empire non plus deux, mais trois Augustes: Galère qui a succédé à Dioclétien démissionnaire, Sévère II qui a succédé à Constance Chlore, mort le 25 juillet de cette année-là, et Maximien. On trouve encore les deux nouveaux Césars: Maximin Daia et Constantin, le fils de Constance Chlore, ainsi que Maxence qui se contente du titre de Princeps.
Galère, l'héritier de Dioclétien ne peut tolérer un tel désordre. En 307, il enjoint à son collègue Sévère II, responsable de l'Occident, de marcher contre Maximien et Maxence. Mais Sévère II est abandonné par ses troupes qui se rallient à Maximien, leur ancien empereur. Il est même fait prisonnier. Malheureusement pour lui, Maximien ne peut jouir de ce succès dû à son prestige. Son fils Maxence entend gouverner seul. En cette même année 307, il chasse son père qui n'a d'autre solution que d'aller chercher refuge auprès de Constantin. Maximien offre à son hôte sa fille en mariage pour prix de son accueil.
L'échec de Sévère II oblige Galère à intervenir une nouvelle fois, mais cette fois-ci auprès de Dioclétien pour lui demander d'user de toute son autorité, toujours intacte, pour remettre chacun à sa place. Dioclétien, qui souffre de voir son Oeuvre si malmenée, accepte et convoque à Carnutum Maximien et Galère. L'entrevue a lieu en novembre 308. Dioclétien réussit à convaincre Maximien de démissionner définitivement.
Mais tout au début de l'année 310, Maximien est repris par son démon du pouvoir et revient sur sa seconde abdication.
Et cette fois-ci, l'empire ne compte plus trois, mais sept Augustes:
- Galère qui a succédé à Dioclétien en Orient;
- Licinius qui a été nommé à Carnutum successeur de Sévère II à la tête de l'Occident;
- Maximin Daia, César de Galère, qui, se jugeant lésé par l'élévation à la dignité d'Auguste de ce nouveau venu, s'est fait proclamer Auguste par ses soldats, en 309.
- Constantin, César en Occident, qui a fait de même pour le même motif;
- Maximien qui reprend du service;
- Maxence, qui a été déclaré usurpateur à Carnutum et qui, bien entendu, refuse toujours de céder sa place;
- Et enfin Domitius Alexander, gouverneur de la province Afrique, qui a profité de cette confusion totale pour se déclarer, à son tour, Auguste, au printemps 308.

C'est la mort qui, peu à peu, se charge de faire place nette à la tête de l'empire. L'un des premiers Augustes qu'elle fauche est Maximien. Celui-ci vit toujours en Gaule, à Arles. Comme il est moins prêt que jamais à renoncer au pouvoir, il tente de renverser Constantin occupé sur le Rhin à lutter contre les Francs et les Alamans. Constantin quitte aussitôt le théâtre des opérations et revient en Gaule. Maximien, qui n'a pas les forces militaires nécessaires pour lui résister, doit fuir. Il s'enferme dans la citadelle de Marseille, protégée des deux côtés par la mer et séparée du continent par un isthme défendu par de puissantes murailles. Mais si Maximien peut compter sur ces fortifications pour le protéger de la colère de Constantin, il a la désagréable surprise de voir ses propres soldats ouvrir les portes de la citadelle et le livrer pieds et poings liés à son beau-fils, qui lui laisse la vie sauve.
Selon Lactance (De la Mort des persécuteurs, XXX), Maximien profite de cette liberté retrouvée pour pénétrer une nuit de janvier 310 dans la chambre à coucher impériale afin de poignarder Constantin. Un eunuque, qui a pris la place de l'empereur, paie de sa vie cette folle tentative.
Maximien paie, lui aussi, de sa vie cet attentat. Constantin lui laisse le choix de la mort. Le vieil empereur choisit de se pendre à une poutre du palais.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.