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MAXIME



Au petit Maxime Adant (Minimus Maximus), né le 20 11 2009. (grand tonton Francis.)

Nom. Magnus Clemens Maximus.

Naissance. Date de naissance inconnue.

Famille. Originaire d'Espagne, il est un parent éloigné et un compagnon d'armes de l'empereur Théodose I.

Portrait. Ses biographes le disent énergique, honnête et bon chrétien.

Mariage. Il aurait épousé Elena, fille d'Eudda, seigneur du Caernarvonshire.
Elle lui donne un fils, Victor, que son père nomme d'abord César, puis Auguste.

Cursus. Saint Ambroise prétend qu'il commence sa carrière militaire comme valet de camp. Sous Gratien, Maxime porte le titre de comte. Il commande l'armée de Bretagne. En juin 383, alors que Gratien quitte Milan pour combattre les Alamans en Rhétie, Maxime se fait proclamer empereur par ses soldats à la suite de sa victoire sur les Pictes et les Scots. Il quitte la Bretagne et débarque en Mer du Nord, aux bouches du Rhin. Lorsqu'il se présente à l'armée de Germanie, celle-ci le reconnaît à son tour. Il faut dire que Gratien n'a jamais conquis ses soldats, qu'il leur est toujours demeuré impopulaire. Lorsqu'il apprend le "putsch" de Maxime, Gratien quitte la Rhétie et marche contre Maxime. La rencontre a lieu près de Paris. Mais ce ne sont pas les armes qui décident du sort des deux rivaux, c'est l'armée même de Gratien qui se rallie à Maxime. Gratien n'a que le temps de s'enfuir avec trois cents cavaliers alains qui lui demeurent fidèles. Mais il est rejoint à Lyon et fait prisonnier par le maître de la cavalerie Andragathe, le 15 août. Dix jours plus tard, le 25 août 383, il est décapité.

Dies imperii : Juin 383.

Règne. On ne sait s'il est sincère, mais Maxime désavoue ce meurtre et inhume Gratien à Trèves. Maître de la préfecture des Gaules, son premier objectif est de prendre le contrôle de la seconde préfecture qui constitue l'empire romain d'Occident, la préfecture d'Illyrie aux mains de Valentinien H. Il demande au jeune prince et à sa mère de venir le rejoindre à Trèves. Mais c'est Ambroise qui se rend dans la capitale de la Gaule, en septembre 383. L'évêque de Milan ne tient pas du tout à passer sous l'autorité de cet usurpateur, même s'il est un bon chrétien. Il lui explique que Valentinien II et sa mère, qui ont quitté Sirmium pour Milan, ne peuvent franchir les Alpes durant l'hiver. Les généraux de Valentinien II ont ainsi le temps de fortifier les cols des Alpes. Maxime comprend alors qu'il a été joué.
Maxime cherche aussi et surtout la reconnaissance de Théodose L l'empereur d'Orient. C'est une des raisons qui le relient d'attaquer l'Italie. Théodose I exerce, en effet, une sorte de tutelle sur le jeune empereur d'Occident. En juillet 384, Théodose I quitte Constantinople pour l'Italie. Tout le monde pense qu'il part régler le sort de Maxime. Mais ce n'est pas le cas, Théodose I n'est pas prêt pour mener une guerre en Occident. Son armée durement éprouvée par ses campagnes contre les Goths ne peut affronter pour le moment l'armée de Maxime. Il tolère donc sa présence sur le trône impérial d'Occident. Le 31 août 384, à Beroae, une ville du nord de la Thrace, il accepte momentanément que trois Augustes président aux destinées de l'empire: lui-même, Valentinien II et Maxime.
En quittant la Bretagne, Maxime avait emmené avec lui une partie de son armée. Pictes et Scots profitent de l'occasion pour attaquer les troupes demeurées sur l'île. Celles-ci ne parviennent pas à contenir ces barbares derrière le Mur d'Hadrien. Elles doivent l'évacuer. Cette ligne de défense ne sera plus jamais réoccupée.
Comme Maxime a un urgent besoin d'argent pour financer son armée, il réquisitionne les biens, les bijoux et l'argenterie des riches et les vend. Ce moyen expéditif lin aliène peu à peu leur soutien. Sulpice Sévère se fait l'écho de cette chasse au trésor:
"Cet homme, qui était doué de beaucoup de belles qualités, était, dit-on, sans défense contre la cupidité. C'était peut-être nécessité de gouvernement. Le trésor de l'Etat avait été épuisé par les empereurs précédents, et Maxime vécut presque toujours dans l'attente ou la mêlée des guerres civiles. On peut l'excuser d'avoir saisi toutes les occasions de procurer des ressources à l'Empereur" (Sulpice Sévère, Dialogues sur saint Martin, III, 11).
Catholique fervent, il se conforme aux prescriptions de l'Eglise. Il persécute même les manichéens et blâme ouvertement, en été 386, Valentinien II pour le soutien qu'il accorde aux ariens. Il punit de mort Priscillien, un évêque espagnol condamné par l'Eglise pour hérésie. C'est le premier hérétique exécuté par le bras séculier. Saint Martin, le célèbre évêque de Tours, intervient plusieurs fois auprès de Maxime, pour le calmer et sauver la tête de plusieurs condamnés, même hérétiques.
En 387, les barbares qui occupent depuis le désastre d'Andrinople, en 378, la Pannonie, menacent l'Italie. Valentinien II qui n'a pas de forces armées suffisantes pour leur faire face, se voit contraint de demander à Maxime l'envoi de soldats. Celui-ci répond favorablement à cette demande. Il met à disposition de l'ambassadeur de Valentinien II quelques troupes. Mais ce qu'il ne dit pas, c'est que lui-même suit avec le gros de son armée. Par les cols des Alpes Cottiennes, il passe en Italie et marche sur Milan. Valentinien II n'a que le temps de fuir par mer à Thessalonique, en Orient. Maxime prend alors possession de toute l'Italie et se fait reconnaître par le Sénat de Rome. Si les provinces d'Afrique se rallient sous son nom, Maxime, qui ne cesse de reconnaître Valentinien II comme collègue, ne lui enlève cependant pas l'Illyrie, peut-être pour laisser à Théodose I le soin de la rattacher à son domaine en compensation de son acceptation de la nouvelle situation de fait en Occident.
En 387, Théodose I, qui n'a jamais accepté celle usurpation, mais qui la tolérée parce qu'il n'avait pas les moyens de l'éliminer, est enfin prêt pour s'en occuper. Maxime, qui ne se fait guère d'illusion sur les intentions profondes de l'empereur d'Orient, est aussi prêt pour l'affronter. Il confie la Gaule à son fils Victor qu'il proclame Auguste. Il place sous ses ordres les généraux Quintinus et Nannienus qu'il charge de la défense du Rhin. Puis il part à la rencontre de Théodose I. Il entre en Slovénie et pousse jusqu'à Siscia sur la Save.
En juin 388, Théodose I quitte Thessalonique où il est venu rendre visite à Valentinien II et tomber amoureux de sa soeur Galla.
Il fait embarquer sur ses navires le jeune empereur, devenu son beau-frère. Il veut qu'il regagne l'Italie. Andragathe, le meurtrier de Gratien, promu commandant de la flotte de Maxime, ne réussit pas à intercepter Valentinien II qui débarque en Sicile d'abord, puis à Ostie.
Pendant ce temps, Théodose I réussit à forcer le passage de la Save à Siscia, et inflige une sévère défaite à Maxime à Poetovio. Ce dernier n'a d'autre solution que de faire retraite sur Aquilée. Théodose I, après avoir fait une entrée triomphale à Emona (Ljubljana), franchit, à son tour, les Alpes Juliennes, et bloque Maxime dans Aquilée. Il ne reste dès lors à celui-ci qu'à se livrer à la générosité de son vainqueur. Dépouillé des ornements impériaux, du diadème, de la robe et des sandales pourpres, il est présenté à Théodose I qui est prêt à lui pardonner l'assassinat de Gratien et son usurpation. Mais ses soldats refusent et le décapitent, le 28 août 388. Théodose I ordonne que sa tête soit exposée à Carthage après avoir été présentée dans diverses provinces. Andragathe préfère échapper au courroux de Théodose I en se suicidant. La Gaule fait soumission vers la fin de l'année. Victor, le fils de Maxime, est, lui aussi, exécuté.

Dixit.
Pacatus, dans son Panégyrique de Théodose L brosse un tableau saisissant de Maxime assistant à la pesée des biens qu'il a confisqués:
"Il assistait en personne, revêtu de la pourpre, et, pâle et avide, il surveillait les oscillations des poids et des aiguilles des balances. On étalait devant lui le butin enlevé aux provinces, les dépouilles confisquées aux exilés, les biens saisis aux victimes. A un endroit, on pesait l'or arraché aux mains des matrones; à un autre, les bulles enlevées au cou des pupilles, à un troisième, l'argenterie encore tachée du sang de ses propriétaires. Partout on comptait les pièces d'argent. On remplissait les cassettes du prince, on entassait les monnaies, on brisait des vases précieux; qui eût vu ce spectacle, se serait cru non pas dans le palais d'un prince, mais dans le repaire d'un voleur" (Pacatus, Panégyrique de Théodose).

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.