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MAXENCE




Nom. Marcus Aurelius Valerius Maxentius.

Naissance. Vers 283.

Père. L'empereur Maximien.

Mère. L'impératrice Eutropia.

Portrait. Maxence est petit de taille, les cheveux épais, ramenés en franges sur le front. Il porte la barbe et les moustaches tombantes sous un nez épais. On le dit encore sans prestance et sans qualités militaires aucunes. Ses biographes sont intarissables dans leurs critiques. "C'était un homme sauvage, cruel, que ses débauches sans frein rendaient encore plus odieux. En plus de cela, lâche, impropre à la guerre et honteusement enclin à la paresse, au point que, lorsque la guerre fit rage en Italie et que les siens eurent été vaincus près de Vérone, il ne sortit en rien de son apathie habituelle et ne fut pas même ému par la mort de son père."

Mariage. Il épouse Valeria Maximilla, fille de l'empereur Galère, qui lui donne deux fils. Il espère voir son aîné Romulus lui succéder. Mais celui-ci meurt en 309. Quant au cadet, Constantin I ordonne de le mettre à mort après sa victoire, en 312, sur son père.

Cursus. Maxence vit en simple particulier à Rome.

Dies imperii : 28 octobre 306.

Règne. Lors de l'abdication de Dioclétien et de son père Maximien, en 305, Maxence espère être nommé César avec Constantin. Sa déception est grande lorsque le choix se porte sur Sévère et Maximin Daia, deux créatures du nouvel Auguste d'Orient, Galère. Il tente sa chance le 28 octobre 306, en soudoyant les prétoriens qui le proclament empereur.
Depuis le règne de Dioclétien, Rome n'est plus la capitale incontestée de l'empire. Les prétoriens qui conservent la nostalgie du temps pas très lointain où ils faisaient et défaisaient les empereurs, n'acceptent toujours pas d'avoir perdu ce pouvoir. De plus, des bruits courent que l'empereur Sévère II veut dissoudre leur corps. Ils se révoltent donc. Ils sont rejoints dans leur rébellion par la population de la ville qui apprend que Sévère II a reçu l'ordre de Galère de lever des impôts à Rome. Crime impardonnable ! Maxence se saisit de ces mécontentements comme tremplin pour accéder au pouvoir. Prétoriens et Romains répondent avec enthousiasme aux avances et... à l'argent du fils de leur ancien empereur.
Maxence n'ose cependant pas prendre le titre d'Auguste. Il se contente de celui de Princeps. Mais en 307, il ne résiste pas. Il se fait appeler Auguste. Ses rivaux le déclarent, bien entendu, usurpateur, à l'exception de son père qui le soutient à fond. Mais, bien que mis au ban de l'empire, Maxence est assez puissant pour étendre son autorité sur toute l'Italie et l'Afrique. En cette même année 307, il ajoute encore l'Espagne à son domaine après la capture et l'assassinat de Sévère II.
Au printemps 308 pourtant, l'Afrique le lâche, lorsque son gouverneur Domitius Alexander, un Phrygien, craintif pourtant, sans audace, hésitant devant tout effort et de plus très âgé, usurpe, lui aussi, sous la pression de ses soldats, le titre d'Auguste. L'Espagne, elle, lui reste fidèle jusqu'en 310 où elle passe dans le camp de Constantin I. Ces défections portent un coup dur à Maxence, car ces provinces assurent l'essentiel de l'approvisionnement de Rome. Maxence envoie alors son préfet du prétoire Rufius Volusianus reconquérir la province de l'Afrique, riche en céréales. C'est chose faite en 310 si l'on accepte le témoignage des monnaies, en 311 si l'on suit l'opinion la plus communément admise. Domitius Alexander est tué et Carthage pillée.
Mais cette campagne victorieuse ne doit pas faire illusion sur les qualités de stratège de Maxence. Lorsqu'en 312, Constantin I l'attaque, son incapacité militaire cause sa perte.
Par contre, il montre de réelles qualités dans l'administration de ses Etats. Malgré la précarité de sa situation, il entreprend à Rome de grands travaux. En bordure de la Voie Sacrée, il fait bâtir une vaste basilique que Constantin achèvera. Il restaure le temple de Vénus. Près de la Via Appia, il bâtit un cirque long de quatre cent quatre-vingt-deux mètres, large de soixante-dix-neuf et qui peut accueillir dix-huit mille spectateurs. Il habite une villa à proximité de ce cirque. Il prend aussi un soin tout particulier à l'entretien du réseau routier. Au contraire de ses rivaux, il ne prend aucune mesure contre les chrétiens. Il les laisse célébrer leur culte librement.
Mais dès 309, sa popularité décline. Les sénateurs se plaignent de la fiscalité trop lourde qu'il fait peser sur eux pour financer ses grands travaux. Le peuple commence lui aussi de murmurer. Les défections de l'Afrique et de l'Espagne provoquent une disette. Le blé n'arrive plus à Rome. Lors de l'incendie d'un temple de la Fortune, une bagarre éclate entre la plèbe et les prétoriens, bagarre au cours de laquelle six mille personnes trouvent la mort. Ce drame lui aliène définitivement la sympathie de tous ses sujets.
Après lui avoir ravi l'Espagne, Constantin I décide, en 312, de lui enlever le reste de ses possessions. Maxence commande une armée impressionnante. On avance le chiffre de cent mille hommes. Mais, composée de soldats de Maximien demeurés fidèles à son fils, de prétoriens plus habitués aux batailles de rue qu'aux batailles rangées sur le terrain et de contingents levés précipitamment en Italie et en Afrique, cette armée n'est guère solide. La petite armée de Constantin I, au contraire, est formée de soldats aguerris.
Celui-ci mène tambour battant sa campagne. Il passe les Alpes par le col du mont Genèvre. Deux victoires, l'une à Turin, l'autre à Brescia, lui permettent de se rendre maître de l'Italie du Nord.
Alors que Constantin I dirige personnellement son armée, Maxence, très superstitieux, n'ose sortir de Rome, un oracle l'ayant averti que s'il quittait la capitale, il périrait. Il préfère rester enfermer dans Rome où il se croit en sécurité. L'armée de son rival ne paraît pas de taille à prendre la ville et encore moins à mener un long siège. Mais comme les Livres sibyllins qu'il a fait consulter lui prédisent que "l'ennemi des Romains allait périr", il se décide finalement de sortir de la ville et de marcher contre Constantin I, "l'ennemi des Romains", sûr de remporter la victoire.
La rencontre a lieu le 28 octobre 312, sur la Via Flaminia, en avant du pont de Milvius, doublé, pour la circonstance, d'un pont de bateaux sur le Tibre. Le premier choc fait plier l'armée de Maxence. Seuls les prétoriens tiennent bon jusqu'à ce qu'ils se fassent massacrer sur place. La seconde charge, menée par Constantin I lui-même à la tête de sa cavalerie, accule l'armée de Maxence au Tibre. Le pont de bateaux se rompt sous le poids des fuyards. Beaucoup se noient. Parmi les victimes, Maxence. La défaite est totale. Le corps de Maxence est retrouvé le lendemain. Sa tête découpée est ramenée à Rome au bout d'une lance au milieu des vivats du petit peuple las de sa tyrannie.
Le 29 octobre, Constantin I entre, en triomphateur, à Rome. Il abolit tous les actes de Maxence, fait mettre à mort son fils cadet, ses amis, ses partisans et licencie les cohortes prétoriennes.
A la tête de l'empire, il ne reste, dès lors, que trois Augustes : Maximin Daia, Licinius et Constantin I.

Dixit : Alors que Maxence n'ose sortir de Rome pour affronter Constantin I, le peuple, lors d'un spectacle au Cirque, le siffle copieusement et lui lance : "Hé quoi ! Constantin est-il invincible ?" (Lactance, De la Mort des persécuteurs, XLIV).

Sources : Aurelius Victor, Livre des Césars, XL, 20.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.