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MAGNENCE



Nom. Flavius Magnus Magnentius. Naissance. Vers 303, à Amiens.

Père. Son père serait d'origine bretonne.

Mère. Sa mère serait issue d'une tribu franque. Il la révère à ce point qu'il lui demande constamment son avis, même en campagne pour des opérations militaires.

Portrait. C'est un beau parleur qui ne manque ni d'audace, ni de toupet. Les monnaies nous le présentent le visage épais, voire vulgaire!

Mariage. Magnence épouse une Italienne d'une grande beauté, Justine. Mais elle est, semble-t-il, trop jeune pour lui donner immédiatement des enfants.

Cursus. Magnence fait une brillante carrière militaire. Sous l'empereur Constant, il sert dans les unités d'élites en qualité d'officier. Il fréquente la cour, car il compte parmi les intimes du maître des offices, un certain Marcellin.
En 350, ce dernier, constatant l'impopularité croissante de Constant auprès de l'armée et de l'aristocratie romaine, voire même auprès de ses sujets, en raison des mesures qu'il prend à leur encontre, décide de le renverser. Il réussit son coup d'Etat le 18 janvier 350. Il revêt Magnence de la pourpre impériale et le fait acclamer empereur par ses soldats.

Dies imperii : 18 janvier 350.

Règne. Empereur de par la volonté de Marcellin, Magnence est reconnu, dès le 27 février, par la Gaule grâce au ralliement du préfet Fabius Titianus, ainsi que par la Bretagne, l'Afrique et la Cyrénaique.
Mais face à cette usurpation, la famille impériale de Constantin I ne reste pas inactive. Le 1er mars, en Pannonie, Constantia, une des filles de Constantin I, pousse un vieux général, Vetranio, chef de la milice, à se proclamer à son tour empereur.
Trois mois plus tard, le 1er juin 350, Eutropia, une autre fille de Constantin I, pousse son fils Népotien à marcher sur Rome. En fils obéissant, il prend la ville et se fait proclamer empereur le 3 juin.
A la fin de ce même mois de juin 350, le 30 plus exactement, Marcellin entre à son tour dans Rome, tue Népotien et sa mère, et place l'Italie sous l'autorité de son protégé.
Mais celui-ci a fort à faire pour se maintenir au sommet de la pyramide impériale. Il n'y parvient qu'à force de flatteries et de ponctions dans les revenus des plus riches de ses sujets.
Au début de l'année 351, il nomme César son frère Decentius et lui confie la défense de la Gaule, car il doit la quitter. Constance II, l'empereur d'Orient, refuse de le reconnaître et marche contre lui en remontant la péninsule balkanique. L'armée de Magnence est composée avant tout de Germains au service de Rome et qui défendent la frontière rhénane. Celle de Constance II est formée pour l'essentiel des légions d'Illyrie, de tout temps en compétition avec celles du Rhin. Les deux armées se rencontrent près de Sirmium. Mais, en général expérimenté, Magnence diffère, durant tout l'été, la confrontation directe. Il évite de même de s'attaquer au camp extrêmement bien fortifié dans lequel Constance II s'est retranché. Il préfère les coups de main rapides, les embuscades. Grâce à cette tactique, il parvient non seulement à se rendre maître de la campagne, mais encore à fatiguer et à décourager les soldats de Constance II épuisés de courir après un ennemi insaisissable. Aussi lorsque dans les défilés d'Adarne, Magnence taille en pièces un gros détachement de l'armée de Constance II, celui-ci, qui voit sa réputation auprès de ses soldats fondre comme neige au soleil, croit préférable d'entamer des pourparlers de paix. Il propose à son rival de reconnaître son autorité sur toutes les parties de l'empire au-delà des Alpes. Mais Magnence veut davantage. Il somme Constance II, avec la dernière des insolences, d'abdiquer purement et simplement. Constance II retire alors sa proposition avec autant de superbe.
Le 28 septembre 351, à Mursa (Osijek sur la Drave), les deux armées cherchent finalement à forcer la décision. Face aux quatre-vingt mille soldats de Constance II, Magnence n'en aligne que trente mille. Pendant que l'empereur se retire dans une église pour "implorer la protection du Dieu vengeur" en compagnie de Valens, l'évêque arien de Mursa, ses généraux engagent la bataille. Le choc est terrible, les pertes énormes. Magnence perd vingt-quatre mille soldats, Constance II trente mille. Si l'empereur d'Orient remporte finalement la victoire, elle n'est cependant pas assez nette pour faire la décision. Magnence parvient à se retirer à Aquilée sur l'Adriatique.
Mais c'est le début de la fin.
Pendant ces opérations dans les Balkans, Constance II, qui a réussi à bâtir en quelques mois une flotte et à récupérer, grâce à elle, la Sicile, l'Afrique et l'Espagne, ordonne à ses amiraux, au début de l'année 352, de remonter l'Adriatique et de bloquer Aquilée, tandis que lui-même marche avec ses soldats sur cette ville.
Après l'avoir prise, Constance II cherche à se rendre maître de Rome et de l'Italie. Il y réussit malgré une défaite que Magnence inflige à son avant-garde devant Pavie. Magnence s'enfuit alors en Gaule où, grâce à des méthodes qui relèvent avant tout du terrorisme, il réussit à se maintenir au pouvoir.
Au début de l'année 353, Constance II se rend maître des Alpes qu'il franchit, en juillet 353, par le Mont Genèvre.
Il affronte Magnence à Mons Seleucus (Montsaleon, près de Gap) et inflige une défaite cinglante et définitive à ses troupes déjà décimées et affaiblies. Vaincu, Magnence, après avoir tué sa mère et son frère Desiderius, se suicide, en se jetant sur sa propre épée, à Lyon, le 10 (11 ?) août 353, pour ne pas tomber vivant dans les mains de Constance II.
Quelques jours plus tard, le 18 août, à Sens, son frère, le César Decentius se suicide à son tour en se pendant. Les Alamans du roi Chnodomar, poussés par Constance II à attaquer Magnence sur ses arrières, venaient, eux aussi, de lui infliger une lourde défaite. Cet appel aux Alamans va avoir de graves répercussions en Gaule. Ces Germains entendent si bien l'appel de Constance II qu'en 355, ils pillent littéralement tout le nord-est de la Gaule, obligeant l'empereur à faire appel à son neveu Julien pour sauver la Gaule d'un irrémédiable désastre.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.