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CONSTANS




Nom. Flavius Julius Constans.

Naissance. Né en 320.

Père. L'empereur Constantin I.

Mère. L'impératrice Fausta.

Portrait. C'est un jeune empereur actif, courageux, mais qui ne regarde pas à la dépense lorsqu'il se trouve en agréable compagnie. Très à cheval sur la discipline militaire, il nest pas aimé de ses soldats. Pédéraste, il est torturé par son éducation chrétienne. Religieux quelque peu fanatique, il porte une haine viscérale aux fidèles de la religion romaine et aux chrétiens donatistes.

Education. Cf. Constantin le Jeune.

Mariage. Homosexuel, on ne sait si Constans se marie. Il ne laisse en tout cas pas de postérité.

Cursus. A l'âge de 13 ans, le 25 décembre 333, il est proclamé César par son père, l'empereur Constantin I.
En 335, lorsque celui-ci sent ses forces diminuer, il décide de quelle manière l'empire devra être partagé entre ses fils. Constans se voit attribuer l'Italie, l'Afrique et l'Illyrie. Mais ce partage ne se concrétise pas.
A la mort de son père survenue le 22 mai 337 et jusqu'au 9 septembre de la même année, Constans gouverne l'empire avec ses frères aînés Constantin le Jeune et Constance II ainsi qu'avec son cousin, le César Delmace.

Dies imperii : 9 septembre 337.

Règne. Le 9 septembre, lors d'une entrevue à Viminacium en Mésie, les trois fils de Constantin I prennent le titre d'Auguste, titre qu'ils font confirmer par le Sénat de Rome, et décident de quelle manière ils entendent, eux, se partager l'empire.
Constantin le Jeune prenant la direction de l'Occident et Constance II celle de l'Orient et du diocèse de Thrace, Constans, le cadet, doit, semble-t-il, se contenter de gouverner l'Illyrie ; et encore, il doit la gouverner sous la tutelle de son frère aîné, tutelle qu'il supporte mal. Il réside à Sirmium.
En 339, Constans remporte un succès militaire contre les Sarmates. Cette victoire lui monte-t-elle à la tête ? Puisqu'il a fait ses preuves, il refuse de reconnaître plus long temps la tutelle de son aîné. Il se met donc à publier des actes législatifs en son nom propre. Ce qui ne plaît pas du tout à son grand frère qui passe les Alpes et marche contre lui. Mais Constantin le Jeune tombe dans une embuscade que lui a tendue son frère cadet près d'Aquilée, en mars-avril 340.
Constans reste dès ce moment-là le seul maître de l'Occident.
Il s'installe à Milan. Prenant très à coeur la défense de l'empire, il parcourt d'un bout à l'autre son domaine. On le voit d'abord sur la frontière du Danube, puis sur le Rhin (341- 342) où il combat les Francs qu'il installe entre la Meuse et l'Escaut. Il part ensuite pour la Bretagne où il crée, semble-t-il, un service chargé d'espionner les barbares. Partout où il passe, il rétablit la discipline qui s'est relâchée depuis le règne de son père. Eutrope, un de ses biographes, dit qu'il se montre "terrible pour l'armée".
En politique intérieure, il veut infuser à la vie publique une plus grande moralité. Il promulgue ainsi une loi contre l'adultère, ce "sacrilège commis contre les noces", une autre contre le rapt qu'il punit de mort, mais sans infliger, comme jusqu'alors, aux ravisseurs des supplices raffinés.
A l'exemple de son père, il intervient dans le domaine religieux. Des trois frères, il est le seul à être baptisé. En Afrique, il essaie de réconcilier catholiques et donatistes. En vain! Les donatistes refusant de rentrer dans le giron de l'Eglise, il leur impose un édit d'union, le 15 août 347, après avoir fait massacrer les plus fanatiques d'entre eux. En 340-341, évêques orientaux et occidentaux se disputent à ce point sur la primauté du pape de Rome qu'ils réussissent à dresser l'un contre l'autre les deux empereurs, Constance soutenant ses évêques orientaux qui dénient au pape une suprématie quelconque, et Constans soutenant ses évêques occidentaux qui affirment, bien entendu, le contraire. A un certain moment, on craint même qu'une guerre n'éclate entre les deux frères.
Constans se met aussi à persécuter les fidèles de l'ancienne religion romaine en leur interdisant de célébrer des sacrifices. "Que la superstition cesse, qu 'on abolisse la folie des sacrifices (Codex Théodosien, XVI, 10, 2)." Il ne ménage pas non plus les Juifs, au contraire de son père.
Bien qu'en 348, il célèbre avec éclat le onzième centenaire de la fondation de Rome, il s'attire les foudres de l'aristocratie romaine en confiant le gouvernement de la ville à un Grec. Crime impardonnable!
Sa politique monétaire, très austère, se solde par un échec. Il tente de revaloriser le denier en introduisant des pièces en cuivre, plus lourdes que celles de son père. Mais de petits malins se mettent à les fondre et à les vendre comme marchandise. Constans est alors obligé de punir de mort ces pratiques illégales, de garder les routes, de surveiller les ports, de fouiller les marchands.., pour éviter la banqueroute.
Ces mesures le rendent peu à peu impopulaire aussi bien auprès du peuple, des autorités, que de l'armée. Marcellin, son maître des offices, décide alors, peut-être poussé par des griefs privés de le renverser et de conférer le pouvoir à un de ses protégés, Magnence. Le 18 janvier 350, profitant d'une partie de chasse organisée en l'honneur de l'empereur dans sa région d'Autun, Marcellin invite Magnence à présider un festin qu'il donne à l'occasion de l'anniversaire de son fils.
"Le banquet s'étant prolongé jusqu'au milieu de la nuit, Magnence se leva de table comme pour satisfaire quelque besoin naturel, quitta un bref instant les invités, puis apparut aux convives, comme s'il était sur scène, revêtu du costume impérial" (Zosime, Histoire nouvelle, II, XLII, 3). Tel un ballet bien réglé, les convives et les soldats le proclament aussitôt empereur.
La surprise est totale pour Constans qui n'a d'autre alternative que la fuite. De chasseur, il devient chassé. Il tente de gagner l'Espagne. Mais il est rejoint à Helena (Elne près de Perpignan), le 27 février 350. Il se réfugie dans l'église du lieu. Violant le droit d'asile, les soldats, sous la conduite d'un certain Gaiso, y pénètrent et le mettent à mort.

Source.
Eutrope, Abrégé de l'Histoire romaine.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.