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CLAUDE




Nom. Tiberius Claudius Nero Drusus.

Naissance. 1 août de l'an 10 av. J.-C., à Lyon.

Père. Drusus Decimus Nero (38 av. J.-C. - 9 av. J.-C.). Il est le deuxième enfant que Livie donne à son premier mari Tibère Claude Néron. Elle accouche de cet enfant, le 14 janvier 38, trois jours avant d'être épousée, en secondes noces, par Octave, le futur empereur Auguste.
Celui-ci porte beaucoup d'affection à Drusus. Il le fait entrer dans la famille impériale en lui donnant pour épouse Antonia la Jeune, une fille de sa soeur Octavie. Il lui confie d'importantes missions militaires dans les Alpes autri chiennes. Puis, à la fin de l'année 13 av. J.-C., il le nomme à la tête des armées romaines stationnées en Gaule, avec lesquelles il entreprend la conquête de la Germanie. Il est le premier général romain à naviguer sur la mer du Nord. Avec ses légions, il atteint d'abord la Weser, puis, en 9 av. J.-C., l'Elbe. Il meurt, la même année, des suites d'une chute à cheval.

Mère. Antonia la Jeune (36 av. J.-C. - 38 ap. J.-C.). Claude est son troisième enfant. Auparavant, elle met au monde Germanicus et Livilla. Celle-ci se rendra complice, en 23 ap. J.-C. du meurtre de son mari, le fils de Tibère, qui porte lui aussi le nom de Drusus.
A la mort de son époux, Antonia, minée par le chagrin, se retire à la campagne, et vit seule jusqu'à sa mort, en violation de la loi qui ordonne aux veuves de se remarier au bout de deux ans de veuvage. Son existence retirée ne l'empêche pas d'être au courant de tout ce qui se passe à Rome. Ainsi, elle assiste, impuissante, à l'influence grandissante de Séjan, le chef de la garde prétorienne, sur l'empe reur Tibère, et à ses machinations pour faire main basse sur le pouvoir. Si, en 29 ap. J.-C., elle ne peut empêcher Séjan d'éliminer physiquement sa belle-fille Agrippine et ses deux petits-fils, Néron et Drusus, elle peut avertir suffisamment tôt l'empereur Tibère, son beau-frère, qui vit retiré à Capri, du complot que son chef du prétoire est en train de machiner pour s'emparer du trône.

Portrait. Il faut le dire, la Nature n'a pas gâté Claude. Enfant, il collectionne toutes les maladies qui le rendent délicat, chétif Au grand dépit des siens, il ne possède ni la vivacité, ni la force, ni l'insolence, ni la beauté des enfants de son âge. Sa mère dira de lui que c'est "un avorton que la nature avait commencé à former sans jamais l'achever ". Elle le prend pour un idiot, un faible d'esprit.
Chaque fois qu'elle doit reprendre quelqu'un qui a commis une bêtise, elle ne manque pas de dire: "Tu es plus stupide que mon fils Claude ".
Même absence de tendresse et de compréhension chez sa soeur Livilla. Lorsqu'elle apprend qu'il a été choisi empereur, elle déclare à qui veut l'entendre que c'est une honte pour Rome.
Sa grand-mère Livie le traite de demeuré. Quand elle doit lui faire une remontrance, elle préfère lui écrire tant ça lui coûte de lui parler.
Quant à son grand-père, Auguste, préoccupé par ce raté, il écrit : "Nous n'avons pas fini d'être non pas douchés, mais inondés de sueurs froides ! " Et il ordonne qu'un aide de camp l'accompagne partout "afin qu'il ne se comporte jamais de façon outrancière ou ridicule ".
Le drame de Claude est qu'il n'a pas de père pour l'éduquer. Il n'a qu'un an lorsque celui-ci meurt. Toute son enfance et sa jeunesse, il les passe entouré de femmes qui supportent mal cet enfant maladif, malingre, maladroit.
Adulte, il acquiert tout de même une taille élancée, un visage agréable, de beaux cheveux blancs. Mais ses jambes ont toujours de la peine à le porter. Sa démarche a toujours l'air d'une démarche d'ivrogne. Et quand il parle, il n'arrive toujours pas à aligner deux mots sans bafouiller, sans bégayer et sans hocher de la tête.
Faible, maniaque, sans caractère, ses accès de colère tentent de suppléer à sa volonté défaillante.
Aussi n'est-il pas étonnant que, même une fois empereur, il ne parvienne pas à imposer le respect dû à sa personne et à sa charge. Quand il s'endort à la fin d'un repas (ce qui lui arrive souvent) les convives n'hésitent pas à le bombarder de noyaux d'olives ou de dattes, les bouffons s'amusent à le réveiller à coup de fouets ou de verges. On lui enfile aux mains des chaussures de femme, pour qu'il s'en frotte la figure, quand il se réveille...
Si tous le dépeignent comme un diminué physique et psychique, la personnalité de cet empereur pose cependant un problème. Comme expliquer que ce soit le même homme qui écrit des ouvrages savants sur les Etrusques ou sur la philologie et qui gouverne malgré tout fort bien l'empire?

Education. Exclu de toutes les charges importantes en raison de ses handicaps, Claude est cependant initié aux études libérales, études qu'il réussit d'ailleurs fort bien sous la direction de Tite-Live. "Mais, nous dit Suétone, malgré cela, il ne put acquérir aucune considération ni faire mieux augurer de lui pour l'avenir ".

Mariage. Claude est d'abord fiancé à Aemilia Lepida, l'arrière-petite-fille d'Auguste. Mais les fiançailles sont rompues le jour où ses parents sont condamnés, sa mère pour adultère, son père pour avoir conspiré contre Auguste.
Sa seconde fiancée est Camilla, une authentique descendante du dictateur Camille. Mais la malheureuse meurt, frappée par la maladie, le jour même de son mariage, à l'âge de douze ans, onze mois et sept jours. Il épouse et divorce ensuite de Plautia Urgulanilla convaincue de débauche et soupçonnée d'homicide.
Il épouse et divorce de même d'Aelia Paetina pour épouser finalement Messaline, la fille d'un de ses cousins, et dont le nom devient synonyme de débauche et de luxure. Enhardie par l'aveuglement et la faiblesse de caractère de son mari et éblouie par la situation exceptionnelle qu'elle occupe, Messaline en profite outrageusement. Les historiens romains ont renoncé à compter ses amants. Elle aime se prostituer dans les lupanars de Rome. Elle se plaît à proscrire des Romains pour s'emparer de leur fortune. Elle n'hésite pas à faire assassiner toute rivale potentielle... Perdant toute mesure, elle va jusqu'à épouser, en l'absence de Claude certes, mais publiquement, un jeune chevalier, Silius. Elle y perdra sa tête, et Silius la sienne. Tibère, mis au courant de ce dernier outrage, fait tuer les deux amants.
Malgré tous ces échecs conjugaux, Claude se remarie avec sa nièce, Agrippine. Mariée déjà deux fois, celle-ci ne passe pas pour un modèle de vertu. Elle a un fils, Néron, qu'elle réussit à marier à Octavie, la fille de Claude et de Messaline, et à placer sur le trône impérial.

Dies imperii : 25 janvier 41.

Règne. C'est un peu par hasard que Claude devient empereur, à l'âge de cinquante ans. Après l'assassinat de Caligula, le Sénat parle de rétablir la République. Mais la garde personnelle de l'empereur, la garde prétorienne, qui craint sa dissolution avec la disparition du régime impérial, s'empresse de trouver un nouvel empereur. Elle le trouve caché dans une chambre, derrière une tenture. Claude, le seul représentant de la dynastie, s'était réfugié là, tremblant de peur d'être assassiné à son tour. Les prétoriens lui proposent la pourpre. Claude accepte et promet à chaque soldat un donativum de quinze mille sesterces. L'armée se range immédiatement derrière lui. "Il fut ainsi le premier des Césars qui, pour s 'assurer la fidélité des soldats, leur ait même donné de l'argent ". Ce rôle décisif de l'armée dans l'élection de l'empereur se répétera souvent par la suite.

Politique intérieure. "Livré A ses affranchis et A ses femmes, Claude se conduisit, non comme un prince, mais comme un serviteur c'est suivant les intérêts ou même les sympathies et les caprices de chacun d'eux qu'il distribua les honneurs, les armées, les grâces, les supplices, et qui plus est, très souvent sans le savoir ni s'en rendre compte " (Suétone).
Si ses femmes abusent honteusement de leur situation et si ses affranchis, Narcisse, Polybe, Pallas, Calliste..., en profitent, non moins honteusement, pour s'enrichir, ces derniers gèrent cependant l'empire avec ordre, efficacité et autorité, en transformant le régime en une monarchie bureaucratique, centralisée et en organisant la chancellerie. Ce sont avant tout les provinciaux qui bénéficient de la politique de ces affranchis. Sur leurs conseils, Claude accorde la citoyenneté romaine à de très nombreux particuliers. Il élève de très nombreuses cités au rang de municipe ou de colonie.
II améliore l'approvisionnement en eau de la capitale et agrandit le port d'Ostie pour permettre à un plus grand nombre de navires de décharger leurs cargaisons afin que Rome ne manque de rien.
On lui doit une lecture plus aisée de l'écriture latine avec l'ordre qu'il donne de différencier dorénavant la lettre u de la lettre y, différenciation qui jusque là n'était ni admise ni usitée.
Il chasse de Rome les chrétiens qui refusent les dieux romains.

Politique extérieure. Politique extérieure. Grâce à ses excellents généraux, Claude parvient à pacifier plusieurs provinces frontières en effervescence et à entreprendre la conquête de la Bretagne. Quatre légions y débarquent en 43. Un des motifs de cette invasion est de nature religieuse. Claude veut extirper la religion druidique qui a ses racines et ses écoles dans cette île.
Sur le Rhin et le Danube, il poursuit la politique d'Auguste et de Tibère en renforçant la ligne de défense par toute une série de forts. Et il entreprend la construction de la Via Claudia Augusta qui, par le Brenner, relie directement la Rhétie à l'Italie du Nord.
En Orient, il renforce systématiquement l'influence romaine en neutralisant, par une diplomatie efficace, le danger parthe.
Claude meurt dans la soirée ou la nuit du 12 octobre, par empoisonnement ou à la suite d'un malaise. Difficile à dire. On penche plutôt pour l'empoisonnement. Empoisonné par qui ? Par Agrippine qui aurait demandé à Locuste, empoisonneuse célèbre, de mitonner un de ses poisons dont elle a le secret et qui est présenté à Claude par son dégustateur, l'eunuque Halotus, dans un plat de champignons, des cèpes plus précisément, dont il est très friand ? Cette hypothèse est la plus probable. On connaît le coupable désir d'Agrippine : éjecter son mati du trône impérial pour y placer son fils Néron.
"Beaucoup prétendent qu'aussitôt après avoir absorbé le poison, il devint muet, fut torturé par lu souffrance durant toute la nuit et mourut A l'approche du jour. Selon quelques-uns, il s'assoupit d'abord, puis son estomac trop chargé rejeta tout ce qu'il contenait ; alors on lui donna de nouveau du poison, peut-être dans une bouillie, car, épuisé, en quelque sorte, il avait besoin de nourriture pour se remettre, peut-être en lui faisant prendre un lavement, sous prétexte de dégager par cette autre voie son corps embarrassé " (Suétone).
Agrippine semble avoir caché, quelques heures, la mort de son mari, le temps de préparer l'avènement de son fils. Le 13 octobre, vers onze heures, elle fait ouvrir les portes du palais. Son fils Néron sort, accompagné du préfet du prétoire et des dignitaires de la cour et se fait acclamer empereur par la garde impériale.

Dixit Après une condanmation d'une femme adultère: "Mon destin, à moi aussi, veut que toutes mes femmes soient impudiques, mais non impunies ". Sa formule préférée qu'il répète à chaque instant: "Eh quoi ! me prenez-vous pour Telegenius ? ".

Source.
Suétone, Vies des douze Césars, V.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.