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CARACALLA





Nom. Septimius Bassianus. Puis, lorsqu'il reçoit, en avril 196, le titre de César, à l'âge de huit ans, il prend les noms de Marcus, Aurelius Antoninus, c'est-à-dire ceux de Marc Aurèle. C'est après sa mort que ses sujets lui collent les sobriquets de Tarantus, nom d'un célèbre gladiateur, et celui de Caracalla qui vient du manteau celtique à capuchon, nommé "caracalla", et qu'il aimait beaucoup porter.

Naissance. Le 4 avril 188, à Lyon.

Père. L'empereur Septime Sévère.

Mère. L'impératrice Julia Domna.

Portrait. Petit, malingre, laid, à la figure de gnome, il est la caricature de son père. C'est un mégalomane maladif, complexé, cruel qui détient un pouvoir... absolu. Les auteurs anciens ont tout dit de ses crimes, de ses vices, de ses extravagances, de sa cruauté, de son goût pour la soldatesque..., attribuant tout le positif de son règne à ses conseillers et à sa mère et tout le négatif à lui-même. Il est cependant cultivé. Il prend pour modèle Alexandre le Grand et rêve de réaliser, à son exemple, la synthèse entre l'Orient et l'Occident, entre le royaume des Parthes et l'empire romain, les deux plus grandes puissances du moment, en proposant au roi parthe une alliance scellée par un mariage entre sa fille et lui-même. Malheureusement pour lui, il n'a pas le génie de son modèle. Bien au contraire !

Mariage. Il épouse, en 202, Plautille, la fille de Plautien, le préfet du prétoire, le favori de Septime Sévère. Elle devient à son tour impératrice à l'égale de sa belle-mère, Julia Domna. Le 22 janvier 205, Caracalla, qui ne peut souffrir d'être sous la tutelle de Plautien, assassine ce dernier. Septime Sévère sauve sa belle-fille d'une mort certaine en obtenant de son fils qu'elle soit exilée aux îles Lipari. Mais à la mort de Septime Sévère, en 211, Caracalla la fait assassiner.

Cursus. Il est nommé, le 6 avril 196, César et princeps juventutis, à l'âge de huit ans, puis, imperator destinatus, le 28 août 197, et enfin le 12 octobre (?) 198, à l'âge de dix ans, il reçoit le titre d'Auguste et est ainsi associé à la gestion de l'empire. En 211, en Bretagne, la santé chancelante de son père le pousse à une tentative de prise du pouvoir. Il essaie d'éliminer son frère. Mais l'armée ne le suit pas et Septime Sévère, qui se montre faible à son égard, passe l'éponge.

Dies imperii : 12 octobre (?) 198.

Règne. A la mort de son père, le 4 février 211, Caracalla fait la paix avec les Calédoniens et ramène la frontière de l'empire au mur d'Hadrien. Il règne avec son frère Geta. Mais tous deux se haïssent d'une haine mortelle qui remonte à leur enfance. Leur entourage se demande lequel parviendra à éliminer l'autre.
"Ils faisaient semblant de s'aimer et de se complimenter, mais ils agissaient en tout l'un contre l'autre" (Dion Cassius).
C'est Caracalla qui réussit, par ruse, à éliminer Geta, une année plus tard, en février (le 12, le 26 ou le 27 ?) 212, en l'assassinant dans les bras de sa mère.
Et afin de faire totalement place nette, il fait périr, aux dires de Dion Cassius, près de vingt mille sympathisants de son frère. Désormais il règne seul... avec sa mère, Julia Domna qui tente de lui prodiguer des conseils qu'il n'écoute guère.
Très vite des bruits circulent accusant la mère et le fils de relations incestueuses et que rapportent plusieurs de ses biographes, tels Hérodien, Aurelius Victor ou l'Histoire Auguste. Ce dernier, pour atténuer quelque peu la monstruosité de l'accusation, fait de Julia Domna sa belle-mère. "Il rechercha en mariage sa belle-mère Julia... En effet cette femme si intrigante s'était offerte nue à la vue du jeune homme, en feignant d'ignorer sa présence, et, comme il lui disait : "Je voudrais bien en user, si cela m'était permis". Elle lui répondit avec beaucoup plus d'effronterie encore (car elle s'était dépouillée de sa pudeur en quittant ses vêtements) : "Cela te plaît ? Tout t'est permis." Quand bien même les historiens reconnaissent que Julia Domna prend ses aises avec les moeurs de l'époque, ils reconnaissent aussi que cette anecdote relève davantage du roman licencieux que de l'histoire.
En cette même année 212 probablement (D'après l'Histoire Auguste : Caracalla, V et III et Dion Cassius, l'édit aurait été promulgué au cours de l'été ou de l'automne 213), il promulgue un édit qui est resté célèbre sous le nom d'Edit de Caracalla et qui accorde à quasi tous les habitants de l'empire la citoyenneté romaine tout en demeurant soumis aux obligations de leur cité d'origine. On ignore les véritables raisons qui poussent Caracalla à prendre une telle décision.
Pour Dion Cassius, cet édit permet à l'empereur de trouver de nouvelles ressources financières en augmentant le nombre des assujettis à l'impôt successoral qui grève tous les citoyens.
Pour d'autres, cette uniformisation du statut des personnes simplifierait le travail des tribunaux et de l'administration.
Il se pourrait aussi que cet édit soit une manifestation de plus de l'étatisme égalitaire. En soumettant tout le monde aux mêmes obligations fiscales, tous deviennent "sujets" de l'empereur.
Enfin, l'édit pourrait avoir une portée avant tout religieuse. Tout citoyen romain est tenu d'adorer les dieux de Rome. En donnant la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'empire, il multiplie par dix les adorateurs des dieux officiels de Rome qu'il vénère profondément.
Mais cet édit signifie aussi, pour les provinciaux, une véritable promotion sociale. S'ils peuvent conserver leurs coutumes locales, ils peuvent aussi faire appel aux règles juridiques que le droit romain réservait jusqu'alors aux seuls citoyens romains. D'où la portée immense de cet édit.
En 213, Caracalla quitte Rome pour combattre les Alamans sur le Rhin.
Après avoir réglé leur compte et assuré pour une vingtaine d'années la paix sur cette frontière, il part, en 214, en tournée d'inspection sur le Danube.
Puis il quitte définitivement l'Occident pour l'Orient. Lorsqu'il traverse l'Hellespont, une tempête manque de peu de le faire périr. En avril ou mai 215, il arrive à Antioche où il traite avec le roi des Parthes. Il annexe l'Osrohène et gagne le titre de Parthicus maximus.
En 216, il visite l'Egypte où la population d'Alexandrie, frondeuse, le brocarde, tourne en ridicule cet empereur qui veut rivaliser, avec une taille aussi petite, avec ces héros que sont Achille et Alexandre, ses idoles. Pour punir ces Alexandrins si peu respectueux de sa personne, il fait construire un mur coupant leur ville en deux, ainsi que des forts pour mieux la tenir en respect.
Durant l'hiver 216-217, il séjourne à Edesse et prépare une nouvelle campagne contre le royaume parthe.
Il sait qu'il ne se maintient au pouvoir que parce qu'il est soutenu par ses soldats. Aussi pour conserver leur faveur, il les comble de ses largesses. Il vit au milieu d'eux, les traite en camarades, partage leurs fatigues. Il augmente considérablement leur solde jusqu'à 50 % (?), relève les primes de retraite grâce aux biens qu'il a saisis aux vingt mille partisans de Geta, assassinés sur son ordre. Mais c'est aussi par goût qu'il ne se préoccupe que de la chose militaire. Seule la défense des frontières l'intéresse. Le reste, il laisse à sa mère le soin de le gérer. Et elle ne se fait pas prier, ambitieuse comme elle est. Entourée des juristes qui conseillaient son mari, elle poursuit donc sa politique absolutiste, hostile au Sénat, à Rome, à l'Italie, mais favorable aux petites gens, aux provinciaux, aux religions orientales.
L'augmentation du nombre des fonctionnaires donne à penser qu'elle perfectionne les rouages de l'administration.
Enfin elle dévalue et réforme la monnaie. Sa réforme porte sur l'or et l'argent. Le poids de l'aureus est réduit de 1/45 de livre à 1/50. De nouvelles pièces d'argent appelées Antoniniani ou Aureliani, sont frappées un peu plus lourdes, mais contenant 50% d'argent en moins que les anciens deniers. Elle augmente certains impôts, ordonne des levées extraordinaires, car non seulement les soldats de son fils coûtent cher au Trésor, mais ses constructions gigantesques, telles les Thermes dits de Caracalla, le vident tout aussi sûrement.
Caracalla (Il se prétend le plus pieux des hommes) et sa mère favorisent certes la religion d'Etat, mais ils accueillent avec beaucoup de sympathie les religions orientales. Si tous deux ne prennent aucune mesure particulière contre les chrétiens, ils laissent appliquer le rescrit de 202 de Septime Sévère à leur encontre. Leur persécution se poursuit donc.
C'est sous le règne de Caracalla qu'est peut-être réalisé l'Itinerarium Antonini Augusti, sorte de catalogue des grandes routes romaines, avec les noms des principales localités et des distances qui les séparent. Ce document est destiné avant tout aux militaires.
Alors que Caracalla s'avance en direction du Tigre avec son armée, il est poignardé, lors d'une halte, près de Carrhes, le 8 avril 217, par Julius Martialis, un officier de la garde prétorienne, mécontent de ne pas avoir obtenu le grade de centurion. Il accomplit ce forfait poussé, semble-t-il par le préfet du prétoire, Macrin. Un archer scythe abat immédiatement l'assassin.

Dixit : Le lendemain de l'assassinat qu'il commet à l'encontre de son frère Geta, Caracalla se rend au Sénat pour justifier sa conduite. Il pense museler ses adversaires en proclamant une amnistie générale "pour que la joie règne dans tout l'univers".

Sources : Dion Cassius, Histoire romaine. Aurelius Victor, Livre des Césars, XXI, 3. Histoire Auguste : Caracalla.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.