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AURELIEN




Nom. Lucius Domitius Aurelianus.

Naissance. Vraisemblablement en 207, dans la région de Sirmium ou en Mésie.

Famille. Sa famille est de condition modeste.

Père. Son père serait un paysan-colon au service d'un certain Aurélien, sénateur.

Mère. Sa mère serait une prêtresse vouée au culte du Soleil.

Portrait. Grand de taille, sportif, Aurélien est rompu à tous les exercices physiques. Sa force et son ardeur au combat stupéfient à ce point ses soldats qu'ils le célèbrent dans une de leurs chansons à boire dont le refrain est "Mille, mille, occidit", "mille, mille, il en a tué mille". Si cet homme taillé à la hache n'a guère de culture, il possède, par contre, une intelligence naturelle et une main de fer exceptionnelles. Ses colères sont redoutées. Mais son honnêteté foncière inspire confiance. Bref, il possède toutes les qualités et tous les défauts qui façonnent un homme de décision, un chef.

Mariage. Il épouse Ulpia Severina, la fille du sénateur Ulpius Crinitus.

Cursus. Aurélien accomplit une carrière militaire exemplaire. D'abord simple soldat, puis centurion, préfet de légion, inspecteur du camp, général, il couronne sa carrière militaire en obtenant le commandement de la cavalerie.

Dies imperii : 3 novembre 269.

Règne. Lorsque, à Sirmium, deux mois après le mort de l'empereur Claude II, Aurélien est acclamé empereur par ses soldats, la situation de l'empire n'est de loin pas redressée. La Gaule vit, depuis une dizaine d'années, en état de sécession. Le royaume de Palmyre jouit d'une indépendance presque complète, et à l'est, du Rhin au Danube, les barbares ne cessent de lancer raids sur raids.
Après un saut à Rome pour se faire reconnaître par le Sénat et réprimer une révolte des monétaires qui ont commis le sacrilège de rogner l'image impériale sur les monnaies, Aurélien repart pour la Pannonie et s'emploie d'abord, en 270-271, à redresser la situation sur le Rhin et le Danube en brisant la puissance des diverses tribus germaniques, dont celle des Juthunges qui viennent, dans les derniers mois de 270, razzier l'Italie. Ce pillage du nord de la péninsule attire sur Aurélien les foudres du Sénat. Aussi n'hésite-t-il pas à les lancer à son tour sur cette Haute Assemblée, lorsqu'il parvient à refouler ces barbares.
Puis, une fois les mains libres sur le front rhénan et danubien, il s'attaque à la solution du problème palmyrénien. Et ce d'autant plus qu'en 271, Zénobie et son fils Vabalathe, qui a succédé à Odénathe, rompent les derniers liens de vassalité qui les retenaient encore à Rome et prennent les titres d'Augusta et d'Augustus.
Deux campagnes difficiles de 271 à 273 lui sont nécessaires pour ramener l'Orient romain dans la soumission à Rome. Chassées d'Egypte et de Syrie, battues à Antioche et à Emèse, les armées de Vabalathe capitulent, en août 272, à Palmyre qui est mise à sac. Le roi et sa mère Zénobie réussissent cependant à quitter secrètement la ville et à s'enfuir sur le dos de chamelles. Rattrapés alors qu'ils s'apprêtent à traverser l'Euphrate et à chercher refuge auprès des Perses, ils sont faits prisonniers. A l'annonce de leur capture, Aurélien est saisi d'une grande joie "mais, ajoute Zosime, comme il était naturellement féru de gloire, il s'irrita à l'idée, que, s'étant emparé d'une femme, il n'en aurait guère de renom auprès des générations futures". Zénobie et son fils devront marcher, une chaîne d'or autour du cou devant le char d'Aurélien, lors de son triomphe à Rome , au début de l'année 274. D'après les sources les plus communément admises, Zénobie terminera sa vie, en compagnie de son fils, à Tivoli, comme une grande dame romaine. Elle épousera, semble-t-il, un sénateur auquel elle donnera une descendance qu'on repère jusqu'au milieu du IVème siècle. Aurélien épousera une de ses filles.
Ce problème résolu, Aurélien se tourne vers la Gaule dissidente. Après la mort de Postumus en 268, Victorinus à Cologne et Laelianus à Mayence président quelques semaines aux destinées de cet empire gaulois avant d'être, à leur tour, éliminés et remplacés tout aussi brièvement par un officier de fortune, Marcus Aurelius Marius, lequel à son tour est supplanté par Tetricus, le gouverneur de l'Aquitaine. Ce dernier empereur ne peut empêcher l'Espagne et le sud-est de la Narbonnaise de regagner le giron de l'empire à l'avènement de Claude II.
Constatant que les empereurs de Rome ne pouvaient défendre la Gaule, Postumus avait fait sécession en estimant qu'un pouvoir local serait mieux armé pour arrêter les hordes barbares. Constatant que le nouvel empereur de Rome, Aurélien, rétablissait l'autorité de Rome sur son empire, Tetricus estime, cette fois-ci, que l'empire gaulois n'a plus sa raison d'être.
Lorsqu'il apprend qu'Aurélien marche contre lui, il se soumet après un semblant de combat dans la plaine de Châlons, en 274. Aurélien le fait figurer lui aussi dans son triomphe à Rome, habillé en Gaulois. Mais il le traite comme il traite Zénobie, c'est-à-dire avec la plus grande bienveillance. Tetricus sera fait sénateur et terminera sa vie dans l'administration romaine. Contrairement à l'usage, Rome ne fait marteler ni les noms des princes de Palmyre, ni ceux des empereurs gaulois. A leur façon, ils ont défendu la cause de Rome face aux Perses et aux Germains.
Ce second problème résolu, l'empire retrouve pratiquement son unité. Il ne reste à Aurélien que deux provinces à récupérer : la Dacie et la Mésopotamie.
En 275, il prend la décision d'abandonner la Dacie. Sa position excentrique, au-delà du Danube, rend sa défense trop problématique. Cette province est trop exposée aux assauts des barbares. Il décide donc de la faire évacuer et de se replier sur la rive droite du Danube.
Reste la Mésopotamie. Aurélien se fait un point d'honneur de la récupérer pour laver l'affront que le roi Shapur I avait infligé à l'empereur Valérien. A la fin de l'été 275, il rassemble son armée sur le Danube et part en direction de l'Asie par Byzance.
Aurélien trouve encore le temps de s'occuper de politique intérieure. Il intervient notamment dans le domaine monétaire. Grâce au stock métallique sur lequel il met la main lors de ses campagnes contre Palmyre, il tente d'améliorer la frappe de ses monnaies.
Dans le domaine religieux, il cherche à asseoir le pouvoir impérial sur le culte le plus universellement répandu chez les païens du IIIème siècle et très en faveur dans l'armée, le culte du soleil, le Sol Invictus. Il tolère les chrétiens, mais on ne sait si, à la fin de sa vie, il ordonne de persécuter les adeptes d'une religion qui, d'emblée, exclue la sienne.
Il améliore l'institution de l'annone, cette distribution de blé et d'huile aux pauvres de la capitale, en y ajoutant une distribution de viande de porc et de sel.
Il améliore la protection de quelques villes dont celle de Rome en la dotant d'un nouveau mur d'enceinte qui porte son nom et dont la caractéristique est plutôt de parer à une attaque surprise que de soutenir un long siège.
C'est au début de sa campagne contre les Perses qu'Aurélien est assassiné, le 23 mars 275 ou en décembre 275, entre Périnthe et Byzance, au relais routier de Caenophrurium. Très exigeant à l'égard de ses collaborateurs, Aurélien a coutume de punir d'une exécution sommaire quiconque manque aux devoirs de sa charge. Un de ses secrétaires du nom d'Eros ou de Mnesteus n'hésite pas, pour sauver sa tête, à faire tomber celle de son maître en montant un plan diabolique. Il établit un faux. Il imite la signature de l'empereur au bas d'une liste d'officiers et de fonctionnaires qu'il ordonne de mettre à mort. Puis il fait en sorte que cette liste parvienne entre les mains des personnes concernées qui, à leur tour, pour sauver leur vie, l'enlèvent à leur empereur en l'assassinant.
Mais la supercherie est bientôt découverte. Tacite, le successeur d'Aurélien, fait périr sous la torture aussi bien ce malheureux secrétaire que les meurtriers de l'empereur.

Dixit: Lors de la guerre qu'il mène contre le royaume de Palmyre, la ville de Tyane refuse de lui ouvrir ses portes. Aurélien jure alors de ne pas laisser vivants un seul chien dans la ville. Les soldats interprètent cette parole comme une autorisation à passer tous les habitants de la ville au fil de l'épée. Aurélien, qui tient à faire preuve de clémence envers cette ville, est obligé de préciser son ordre : "J'ai dit que je n'y laisserai pas un chien vivant : tuez tous les chiens, et eux seuls. "

Sources: Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, IX. Histoire Auguste : Aurélien.

Source : " Les empereurs Romains - 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. " - François ZOSSO - Christian ZINGG.