AUGUSTE 27-14 av. & ap. J.C.

Caius, Julius, Caesar, Augustus

Denier argent - 17,5 mm - 3,66 gr - ex 02

A/ CAESAR AVGVSTVS DIVI F PATER PATRIAE

R/ C L CAESARES " AVGVSTI F COS DESIG PRINC IVVENT

Caius & Lucius Césars, fils d'Auguste, consuls désignés, princes de la jeunesse

Caius et Lucius Césars debout de face, vêtus de la toge, tenant chacun un bouclier rond et une haste ; simpulum à gauche, le lituus à droite.

Commentaires à propos de cet exemplaire :

C'est l'un des deniers les plus courants de l'atelier de Lyon. Mais cette variété, avec la croisette entre les instruments pontificaux, est beaucoup plus rare. C'est aussi l'une des pièces qui se rencontre le plus souvent en Gaule. C'est encore l'un des deniers qui ont été le plus imités aussi bien dans les limites de l'Empire qu'en dehors du limes. Le denier représentant les deux petits-fils d'Auguste eut un succès considérable en Gaule. Nous devons modifier notre vision de la circulation monétaire entre la fin de la guerre des Gaules et la mort de Néron en 68 après J.-C. Monnaies gauloises en argent, en bronze et en potin circulèrent conjointement avec les monnaies romaines qui se répandirent largement en dehors de la Narbonnaise. Il faut évoquer le néologisme de circulation "romano-gauloise" plutôt que gallo-romaine.

Historique : Auguste, après Actium et la prise d'Alexandrie, reste le seul maître de l'Empire romain. Il remet ses pouvoirs au Sénat en 27 et se voit honoré du titre d'Auguste donnant naissance à un nouveau régime politique : le Principat. Les quarante années suivantes seront consacrées à structurer et à consolider le système mis en place par Auguste sur le plan politique, économique et culturel. Il est secondé par Agrippa qui devient son gendre en épousant sa fille Julia en 21 avant J.-C. et qui lui donne deux petits-fils, Caius et Lucius. Malheureusement, Agrippa, l'ami, le double, meurt en 12 avant J.-C. Sur le plan militaire, il s'appuie sur Drusus, d'abord, puis sur Tibère, les deux fils de Livie, sa troisième épouse. Sur le plan culturel, l'arbitre des modes est Mécène tandis que Virgile encense, grâce à son épopée l'Énéide, nouvelle Iliade et Odyssée, la naissance mythique de Rome et exalte les vertus romaines. Auguste, grâce à une habile activité diplomatique et militaire fixe le limes sur le front rhéno-danubien, malgré le désastre de Varus en 9 de notre ère, grâce aux campagnes répétées de Drusus, puis de Tibère, enfin à la fin du règne de Germanicus, le fils de Drusus. La paix relative avec les Parthes, le retour des enseignes et des prisonniers de Carrhæ (53 avant J.-C.) en 20 avant J.-C. ont un retentissement considérable. Auguste réorganise aussi les provinces, sénatoriales et impériales. Il se réserve l'administration de l'Égypte. Les vingt dernières années de son règne sont dédiées à la préparation de sa succession. Successivement, Agrippa meurt en 13 avant J.-C., Drusus en 9 avant J.-C., puis ses deux petit-fils, Lucius en 2 et Caius en 4. Âgé de 77 ans, Auguste meurt à Nola le 19 août 14, laissant le trône à Tibère, nouvel époux de Julie, déjà deux fois veuve. Ses espoirs reposent aussi sur Germanicus tandis qu'Agrippa posthumus a été écarté. Après sa mort, Auguste est divinisé et les Romains donnent son nom au huitième mois de l'année, août (augustus).

Réf : RIC 208 - Cohen p. 69 réf. 43