Accueil Envoyer un mail Forum

Les empereurs impossibles… à collectionner !


Impossible à trouver pour sa collection, bien sûr ! L'histoire de Rome contient de nombreux personnages qui, au hasard d'une rébellion ou d'une guerre, ont voulu porter la pourpre et se sont proclamés empereurs.
Certains ont réussi quelque temps… beaucoup ont très rapidement échoué et sont tombés sous les coups de leurs compétiteurs. Les qualités nécessaires pour rester empereurs de Rome étaient de plus en plus difficiles à réunir, la montée des périls décourageant les plus fortes volontés.

Un témoignage historique unique.

Comme aujourd'hui, la marque du pouvoir légitime était avant tout le fait de battre monnaie : un pouvoir ne contrôle effectivement que le territoire où circulent les monnaies à sa marque.
Le premier souci du nouvel empereur auto-proclamé est donc de battre monnaie à ses noms et effigie et le premier souci du numismate est de répertorié et de dater ces émissions : elles sont très souvent le seul et unique témoignage historique qui nous reste d'un empereur " étoile filante ".
Ces empereurs se trouvent particulièrement à partir de l'anarchie militaire qui suivit la dynastie des Sévères : la pourpre devenait le dernier échelon de la course aux honneurs des militaires vainqueurs.
Leurs noms ne sont pas familiers mais chacune de leurs monnaies est le joyau d'une collection non seulement pour un particulier mais encore pour un musée !
Pacatien semble avoir été un général tué par ses propres soldats et qui se serait révolté sous Philippe I en Moésie Supérieure, comme Jotapien qui prit les armes contre le frère de Philippe I, installé comme gouverneur de Syrie, qui écrasait la population d'impôts.



Silbannacus n'est connu que par un unique exemplaire, conservé au British Museum et n'a laissé aucune trace dans l'histoire.


Ce second antoninien, issu de la même matrice d'avers, vient d'être trouvé.


Régalien et sa femme ( ?) Dryantille ont tenté leur chance lors de la chute de Valérien mais ils étaient si mal équipés, au fond de leur province de Pannonie, que leurs monnaies sont presque toutes surfrappées sur des monnaies d'autres empereurs.



Saturnin, l'un des généraux de Probus, n'est connu en numismatique que par quelques aurei frappés à Alexandrie où il était en garnison. Le dernier exemplaire passé en vente a dépassé les 76 000 euros.


La fin de l'empire romain d'Occident voit aussi son lot d'empereurs impossibles : Olybrius, qui régna six mois avant de mourir d'hydropisie, suivi par Glycerius, tous deux en 472, et bien entendu Romulus Augustule, le dernier empereur de Rome, fantoche nommé et déposé par les généraux qui contrôlaient l'armée.





Article de Michel Prieur paru dans " Les dossiers de LA MONNAIE " N° 17 - Avril - Mai - Juin 1999.

Francis